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Colis de cannabis : « Je ferai tout pour ne pas dormir en prison ce soir »

Après 96 heures de garde à vue, une jeune femme de 22 ans comparaissait devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de trafic de drogue supposé. Le parquet a décidé de la déférer ce vendredi dans le cadre de la comparution immédiate.

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 12 février 2021 à 17H23

Julie D., 22 ans, est de retour sur son île natale depuis le mois de septembre 2020. Elle est séparée de son compagnon qui, lui, vit en Belgique.

Ayant des difficultés à s’en sortir, elle décide de prendre contact avec une personne qui saura lui faire gagner de l’argent facile. Il lui explique alors où et comment réceptionner et livrer des colis provenant de métropole à destination de La Réunion. Les trafiquants de stupéfiants, compte tenu des nombreuses interpellations de mules par les douanes à Gillot, semblent se résigner aux envois postaux. 

Pour ce faire, elle vient de Saint-Pierre à Saint-Denis et repère les boîtes aux lettres remplies de prospectus – donc inoccupées – pouvant devenir de potentielles adresses de livraison. Aux aguets depuis quelque temps face à cette problématique, les douaniers repèrent un colis suspect et décident de faire suivre. La livraison Chronopost est faite à un individu qui est aussitôt interpellé. Lors de son interrogatoire, il indique qu’il n’est pas le destinataire mais qu’il rendait service à une amie qui est Julie D. 

Le colis intercepté contenait 280 grammes de résine de cannabis

Elle est interpellée et se retrouve en garde à vue pour s’expliquer. Après 96 heures d’audition, elle est présentée devant la justice.

Lors des perquisitions à son domicile sont retrouvés une balance de précision, deux téléphones, des sachets de transport et 780€ en espèces. Sur l’un des deux téléphones se trouvent des SMS et photos concernant la vente de cannabis.

Le colis intercepté contenait 280 grammes de résine de cannabis pour une valeur estimée à 5800€. Elle avoue en avoir livré deux autres. « Rien de ce que vous dites n’est vérifiable ! Êtes-vous le maillon d’un réseau ou une pièce importante d’un trafic », s’interroge la présidente. « Je ne savais pas l’ampleur de la chose dans laquelle je me trouvais », répond-t-elle, des trémolos dans la voix. 

« C’était une solution de facilité ! À cette époque de ma vie, je voyais ça comme ça. J’ai été terrorisée par les 96 heures de garde à vue. Je n’ai pas eu une seule seconde envie de stupéfiants, ça m’a dégouté ! Je regrette d’avoir pensé que je pouvais vivre de cette façon », s’explique la prévenue qui est primo délinquante. Pour le parquet, « Il y a deux points d’entrée sur l’île : les mules et les colis postaux ! C’est un procédé qui prend de plus en plus d’ampleur ».

Et de renchérir : « Il y a trois colis postaux qui ont été distribués pas sa faute. Elle dit qu’elle n’était pas destinataire mais c’est sa version. Le dossier comprend suffisamment de preuves de son implication. Je vous demande 3 ans de prison assortis d’un mandat de dépôt ». 

« Cette procédure n’est ni faite, ni à faire »

Fortement agacée par la procédure de comparution immédiate, la défense reprend la procureure de volet : « Après 96 heures de garde à vue, le parquet vous présente une histoire car il n’y a pas d’enquête avant, ni après ! Comment peut-on présenter cela devant votre juridiction. Cette procédure n’est ni faite, ni à faire. Il y a eu 280 grammes dans un colis, fin de l’histoire. Avant les comparutions immédiates, il y avait des ouvertures d’information. C’est de l’amateurisme car elle a tout laissé dans son téléphone. L’objectif aujourd’hui, c’est de lui faire arrêter sa consommation et le trafic ! 3 ans de prison sans obligations, quel est l’interêt ? Elle n’est pas responsable du trafic réunionnais ! », défend son avocat.

« Je ferai tout pour ne pas dormir en prison ce soir », supplie la jeune femme en pleurs à la barre. Elle est reconnue coupable et condamnée à la peine de 30 mois ferme et dormira ce soir en prison. Elle devra s’acquitter d’une amende douanière de 5800€ ainsi que la confiscation des scellés. 

 

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