CIREST : transition à la tête de la SPL Estival, carrières, eau potable et bilan budgétaire au programme

Alors que le mandat 2020–2026 touche à sa fin, la CIREST dresse son bilan et prépare l’avenir. Le conseil de ce 12 juin a été marqué par le départ de Patrice Selly de la SPL Estival et plusieurs décisions structurantes.
Ce jeudi 12 juin, les élus de la CIREST se sont réunis en conseil communautaire à Saint-Benoît. Avec près de 60 rapports à l’ordre du jour, la séance a été marquée par plusieurs décisions structurantes : la nomination de Patrice Boulevart pour succéder à Patrice Selly en tant qu'administrateur à la SPL Estival, un débat sur l’avenir des carrières dans l’Est, l’urgence d’un plan anti-sécheresse, et la présentation d’un bilan financier positif.
Une transition actée à la tête de la SPL Estival
La soirée a débuté par l’élection de deux nouveaux représentants au conseil de surveillance du Groupe hospitalier Est Réunion (GHER) : Odile Damour, issue de la majorité municipale de Saint-Benoît, et Jean-Marc Péquin, de celle de Saint-André.
Mais l’attention s’est rapidement portée sur l’annonce très attendue du président de la CIREST, Patrice Selly : sa démission de la présidence de la SPL Estival, comme il s’y était engagé après avoir assuré un mandat intérimaire dans un contexte de redressement financier. "La mission est accomplie", a-t-il déclaré, rappelant que le tribunal de commerce de Saint-Denis a validé le plan de redressement de la SPL le 23 avril dernier.
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Son successeur désigné en tant qu'administrateur est Patrice Boulevart, vice-président de la Région Réunion en charge des mobilités et président du syndicat mixte Île de La Réunion Mobilités (IRM). Proche de Patrice Selly, élu à Saint-Benoît, Patrice Boulevart était déjà représentant de la CIREST au sein de la SPL. Le vote pour la présidence de la SPL aura lieu le 27 juin. "C’est une grande responsabilité. Aujourd’hui, la SPL, une structure qui représente le transport public dans l’Est, mérite d’aller de l’avant", a-t-il déclaré.
Zone d’activité de Paniandy : un projet structurant lancé
Autre temps fort : Patrice Selly a officialisé le lancement de l’appel à manifestation d’intérêts pour la future zone d’activités de Paniandy, à Saint-Benoît. Un projet économique stratégique pour l’Est, qui symbolise, selon le président, la capacité de la CIREST à transformer rapidement les ambitions en réalisations concrètes. "En moins de trois ans, ce projet a été conçu, bâti et sorti de terre. C’est un signe fort", a-t-il salué.
Schéma régional des carrières : inquiétudes du côté de Bras-Panon
Le Schéma régional des carrières (SRC) a également été soumis à l’avis de la CIREST, qui y est favorable. Ce document stratégique, piloté par la Région, définit les zones d’extraction possibles pour répondre aux besoins en matériaux du BTP. L’Est est identifié comme le territoire avec le plus fort potentiel pour les gisements alluvionnaires, mais aussi le plus faible pour les roches massives.
Ce constat a suscité des inquiétudes, notamment du maire de Bras-Panon, Jeannick Atchapa, qui a choisi de s’abstenir. "Notre commune a le plus petit littoral de l’Est et cette zone de carrière côtoie de manière inquiétante les habitations et les terres agricoles. Cela entre en contradiction avec notre pacte alimentaire territorial", a-t-il averti. Il conditionne son adhésion à la réalisation d’une nouvelle voirie dans le secteur de Ma Pensée, destinée à désenclaver le nord de la commune et à réduire le passage des poids lourds.
Eau potable : tensions autour des retards à Saint-André
La question de l’eau potable a également animé les débats. Jean-Marie Virapoullé a réclamé un plan anti-sécheresse pour les communes de l’Est, soulignant les conséquences de la dernière saison sèche, marquée par un déficit de 22 %.
Il a également interpellé la CIREST et, indirectement, la mairie de Saint-André, sur les retards dans les travaux de raccordement en eau potable sur les avenues Île-de-France et Avenue de Bourbon. "Concernant l'Avenue de Bourbon, une convention tripartite a été signée en 2022 avec le Département, la CIREST et la mairie, mais les travaux n’avancent toujours pas", a-t-il déploré.
"Nous avons terminé un premier tronçon mais il n’a pas été raccordé depuis deux ans, ce qui a freiné le reste. Néanmoins, sur la portion entre Chemin Morin et le tournant Vidot, la CIREST peut encore intervenir", lui a répondu Jean-Marc Péquin, élu de la majorité saint-andréenne.
Patrice Selly a répliqué fermement : "Personne ici ne peut douter de la gouvernance de la CIREST. Nous avons agi durant les épisodes de sécheresse à Salazie et Saint-André. Mais quand il s’agit de financement, chacun doit prendre ses responsabilités."
Il a également rappelé que les élus de la majorité de Saint-André avaient voté contre la nouvelle tarification de l’eau lors du précédent conseil. Une réponse écrite à Jean-Marie Virapoullé sur le calendrier des travaux sera apportée dans les prochains jours.
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Un mandat qui entre dans sa dernière ligne droite
Le conseil a, enfin, validé à la majorité le rapport d’activités 2024, ainsi que les comptes administratif et de gestion. Patrice Selly s’est montré rassurant sur la situation financière de l’intercommunalité. "Tous les budgets sont en bonne santé, à l’exception du budget du SPANC (Service Public d' Assainissement Non Collectif). Le résultat de fonctionnement consolidé s’élève à 27,13 millions d’euros avec une épargne nette de 6,93 millions. La capacité de désendettement est de 2,8 ans, loin du seuil d’alerte des 12 ans."
Le taux de réalisation des travaux atteint 61 %, et le délai moyen de paiement est de 19,85 jours. "Pour ceux qui doutaient encore de la gestion de la CIREST depuis cinq ans, je crois que ces chiffres parlent d’eux-mêmes", a conclu Patrice Selly, alors que le mandat 2020-2026 entre dans sa dernière ligne droite.


