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Chronique judiciaire : Le nombre de passeurs de drogue en augmentation constante

Une jeune mule de 20 ans a été arrêté à La Réunion pour trafic de stupéfiants avec 658g de drogue, risquant 10 ans de prison. Par ailleurs, deux hommes sont jugés pour avoir agressé violemment deux frères mineurs et le père de ceux-ci. L'un des agresseurs, en récidive a écopé de trois ans de prison ferme.
Ecrit par Isabelle Serre – le dimanche 7 avril 2024 à 18H00

Cela devient malheureusement une habitude. Une nouvelle mule au profil "type", 20 ans, en provenance de la banlieue parisienne et sur le sol réunionnais seulement pour quelques jours pour profiter du soleil et de la plage, était à la barre du tribunal correctionnel ce mercredi pour répondre de trafic de stupéfiants entre l'Hexagone et La Réunion. 658 grammes de poudre blanche, dont la valeur marchande est estimée à 100.000 euros, avaient été dissimulés dans un sac puis dans le bagage de l'infortunée arrêtée à sa descente d'avion.

La prévenue qui risque 10 ans d'emprisonnement a souhaité sur les conseils de son avocat un délai pour préparer sa défense. Elle sera donc jugée le 2 mai prochain et, en attendant, reste en détention. D'autres mules ne devraient pas tarder à connaitre le même sort judiciaire, ce qui est inquiétant pour la lutte contre ces trafics. Le nombre de passeurs de drogues dures jugés la plupart du temps dans le cadre de la procédure accélérée ne cesse d'augmenter. Et le choix de la comparution immédiate signifie que le parcours judiciaire se termine et que ni les commanditaires, ni les dealers sur place ne seront inquiétés faute de moyens pour investiguer.

Changement de style à la barre ce mercredi toujours avec l'arrivée de Steven M. et son dalon Antoine S. Les deux individus âgés de 25 et 21 ans avaient respectivement 1.2gr/l et 1.5 gr/l d'alcool dans le sang le 28 mars dernier lorsqu'ils s'en sont pris à deux frères mineurs qui descendaient du bus au retour de l'école. Une vidéo témoigne de la violence avec laquelle les deux prévenus ont agi sans que l'on comprenne bien pourquoi un simple échange entre personnes qui ne se connaissaient même pas a pu dégénérer de la sorte.

Appelé à la rescousse, le père des deux victimes de 13 et 16 ans raconte aux magistrats que c'est à grâce à une "grande maitrise de soi" qu'il n'a pas tué Steven. Le père de famille porte la trace d'un des coups qu'il a reçus sous l'oeil. Mais c'est avec un couteau qu'il a été brutalement agressé par Steven qui n'a pas hésité à lui infliger également plusieurs morsures. "Mes enfants sont traumatisés. On vit désormais dans la peur", regrette le père.

Une policière intervenue dans ce moment de chaos a elle aussi été blessée alors qu'elle tentait d'interpeller Steven. "Il faut encore attendre quelque temps avant de connaitre exactement la répercussion sur sa santé. Elle va peut-être devoir se faire opérer", explique son conseil.

Steven, malgré son comportement nerveux et insolent au sein du prétoire, reconnait les faits. Il se retourne sans cesse pour héler sa compagne très enceinte assise dans la salle. A l'annonce des réquisitions du procureur de la République, la future mère fond en larmes. Trois ans dont un avec sursis probatoire pour celui qui venait de s'enfiler un litre de bière en pleine journée et portait sur lui son couteau de boucher récupéré chez son patron qui le forme en alternance. Steven est en double récidive et a déjà été averti par le tribunal sur les conséquences de ses alcoolisations. Il écope de trois ans de prison ferme avec une multitude d'obligations à sa sortie de détention.

Quant à son compère, inconnu de la justice, il n'a pas eu l'air de comprendre qu'"écraser la main d'un mineur" sans aucune raison alors que l'on déambule saoul sur la voie publique est un délit.

 

 

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