Chikungunya : La Réunion face à une nouvelle épidémie, la campagne vaccinale ajustée

Dans un communiqué, trois professionnels du monde de la santé à la Réunion apportent des détails concernant la campagne de vaccination pour lutter contre le chikungunya. Découvrez le communiqué commun de Dr Christine Kowalczyk, présidente de l'Union régionale des médecins de l'océan Indien, Dr Anne Vienne-Cessou, présidente du conseil départemental de La Réunion de l'Ordre des médecins et Dr Claude Marodon, président de la Délégation de l'Ordre des pharmaciens Réunion-Mayotte :
Déclarée officiellement en janvier 2025, l’épidémie de chikungunya qui sévit à La Réunion depuis août 2024 mobilise pleinement les autorités sanitaires et les professionnels de santé locaux. Une campagne de vaccination a été lancée en avril 2025, sous l’égide de l’Agence Régionale de Santé, en priorité pour les personnes les plus vulnérables.
Le vaccin utilisé, IXCHIQⓇ, développé par le laboratoire Valneva, a été validé par la FDA américaine et l’Agence Européenne du Médicament. Il s’agit d’un vaccin vivant atténué, évalué à 98,9 % d’efficacité contre les formes symptomatiques et sévères du chikungunya. Toutefois, sa réactogénicité élevée (fièvre, douleurs) impose des précautions, notamment chez les personnes âgées.
En avril, trois décès suspects chez des personnes âgées vaccinées ont été signalés via la pharmacovigilance. Deux cas concernaient des patients de plus de 80 ans atteints de comorbidités. La Haute Autorité de Santé a décidé de suspendre temporairement la vaccination pour les plus de 65 ans, en attendant des données complémentaires.
Chez les adultes de 18 à 64 ans présentant des comorbidités, le vaccin reste recommandé. À ce jour, plus de 6 400 doses ont été administrées à La Réunion, sur plus de 37 000 utilisées dans le monde.
L’épidémie rappelle les douloureux souvenirs de 2005-2006, qui avaient causé 525 décès liés ou associés au virus. La vigilance est particulièrement renforcée pour les nourrissons et les femmes enceintes : un décès de nourrisson et deux cas d’encéphalites graves ont été signalés récemment, parmi 153 hospitalisations pédiatriques, dont 80 % chez des bébés de moins de 3 mois.
Les professionnels de santé appellent à une évaluation individualisée avant toute vaccination et rappellent que la lutte contre les moustiques reste essentielle. Les Réunionnais âgés de 18 à 64 ans sont encouragés à prendre conseil auprès de leur médecin traitant pour évaluer l’intérêt de la vaccination selon leur situation médicale.


