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Chikungunya : immersion dans le service des soins intensifs pédiatriques

Ecrit par Sophie Fontaine – le samedi 3 mai 2025 à 14H04

Le service réanimation pédiatrique et soins Intensifs pédiatriques joue un rôle crucial dans la gestion des cas graves de chikungunya chez les nourrissons. Immersion dans ce services où sont traités les nourrissons les plus sévèrement atteints.


Les nourrissons comptent parmi les plus vulnérables face au chikungunya. Ils représentent un quart des hospitalisations liées au virus. Les cas les plus graves sont admis au service des soins intensifs pédiatriques. Notre équipe est allée à la rencontre du chef de ce service au CHU Nord, où 9 nourrissons ont été pris en charge depuis le 4 avril pour des complications liées à la maladie.

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Les symptômes à surveiller


Tous les nourrissons atteints ne nécessitent pas une prise en charge hospitalière. Néanmoins, lorsque le virus est confirmé, la fièvre, l’alimentation, l'hydratation du bébé sont à surveiller de près. "S’il continue à bien boire, à bien manger et que la fièvre et la douleur sont contrôlés par le paracétamol, il n’est pas nécessaire de consulter systématiquement le pédiatre ou le médecin traitant par la suite, mais en cas d’inquiétude, ou de doute, il ne faut pas hésiter à consulter rapidement ", indique le Dr Etienne Darrieux, pédiatre, chef de service en réanimation à Saint-Denis.


À l’hôpital, en fonction de l'état de gravité de l’enfant, les nourrissons sont pris en charge soit dans les services de pédiatrie conventionnelle, soit, dans les cas plus sévères, en soins intensifs réanimation pédiatrique. "Les enfants que l’on a reçus n’ont pas d’antécédents particuliers. Le plus petit avait trois semaines, le dernier admis a trois mois et demi ", précise le chef du service réanimation pédiatrique.

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" On traite les symptômes "


S’il n’existe pas de traitement spécifique contre le virus, des traitements contre les symptômes de la maladie sont administrés sous la surveillance du personnel soignant spécialisé. "Ils arrivent, ils sont tous gonflés, ils sont rouge. (…) Les enfants sont tellement douloureux à cause du virus qui nécessite des traitements antalgiques plus puissants, à base d’opiacés de la famille de la morphine. (…) La morphine nécessite une surveillance particulière, c’est pour ça qu’ils viennent en soins intensifs", ajoute-t-il.


Dans ces cas les plus graves, les nourrissons peuvent aussi avoir des difficultés pour s’alimenter et faire des "pauses respiratoires".
"Les enfants peuvent être tellement douloureux qu’ils vont se crisper et s’arrêter de respirer, faire des pauses et repartir ".


En fonction de leur état, les nourrissons sont alors placés sous assistance respiratoire ou alimentés à l’aide d'une perfusion ou d’une sonde lorsque cela est nécessaire.

Des cas d'encéphalite recensés


Le virus peut également entraîner des complications neurologiques. "Le virus transmis par le moustique passe dans le sang mais peut atteindre le système cérébral ou l’encéphale. Malheureusement on ne peut rien faire pour prévenir ce type d’infection. Chez le nourrisson, un virus ou une bactérie peut circuler à peu près partout, les barrières entre chaque zone sont moins définies [que chez l'adulte], donc il n’y a pas de moyen d’éviter ça ".


Plusieurs cas d'encéphalite ont été recensés à La Réunion depuis le début de l’épidémie, dont un dans ce service. Les nourrissons étant un public particulièrement vulnérable face au chikungunya, le médecin rappelle l’importance de se protéger des piqûres de moustiques, en suivant les recommandations de l’ARS pour éviter toute propagation du virus.

En cas de suspicion, il est important de consulter rapidement un médecin ou un pédiatre.

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