Chavirage mortel du Maéva 4 : "Cet accident était prévisible"

Comme lors du premier procès pour homicide et blessures involontaires par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité et de prudence, l'audience de la chambre des appels correctionnels est suspendue et l'intervention des pompiers est requise.
Un peu plus tard, l'avocat de la société propriétaire du Maéva 4 reprend sa plaidoirie et enfonce encore le clou. "Ne soyons pas aveuglés par la douleur et ne faisons pas de Maévasion le bouc émissaire de cette tragédie", indique la robe noire qui requiert, comme en première instance, la relaxe. Car pour la défense ainsi que pour le gérant, Rodolphe Jauneaud, les défaillances reprochées n'ont pas lieu d'être. Le skipper et frère de ce dernier, Loïc Jauneaud, avait encore le temps de mettre à jour deux certificats qu'il était dans l'obligation de posséder pour piloter : celui d'opérateur radio et celui de formation à l'enseignement médical.
Quant au skipper qui était sous anti-dépresseur, des analyses avaient démontré qu'il avait consommé de l'alcool et des stupéfiants la veille et se trouvait, au moment de la manœuvre fatidique, dans un état "euphorique". Le fils et le compagnon de Michèle Malbranque se trouvaient à l'avant du bateau et d'autres passagers étaient sur le pont supérieur, au mépris de toutes les consignes de prudence.
Le bateau rattrapé à l'arrière par un puissant train de houle
Loïc Janeaud n'avait pas marqué de temps d'arrêt avant d'entrer dans le chenal, et son bateau dont la vitesse était trop lente avait été soulevé par une puissante vague venant de l'arrière. Un des moteurs aurait eu à ce moment-là une avarie et le bateau s'était retrouvé en travers et hors de contrôle. Toujours selon les experts, la puissance du navire piloté correctement aurait cependant pu compenser les effets de la houle.
Reprenant une à une les fautes accumulées, soulignant la légèreté du capitaine, les manquements au titre de la sécurité, l'imprudence totale eu égard aux conditions météo ainsi que l'absence de contrôle et de responsabilité de la part de l’armateur, la représentante de la société, Emmanuelle Barre, a requis 200.000 euros d'amende pour Maévasion et une interdiction définitive d'exercer.
Que des irresponsables
Rodolphe Janeaud qui avait déploré lors du premier procès le suicide de son frère Loïc et la perte de son ami cher, le marin Daniel Bodzen décédé dans le naufrage, n'avait pas fait le déplacement ce jeudi pour entendre les réquisitions du parquet. Son absence remarquée par tous a fait écho au manque de compassion que les victimes lui reprochent. "Jamais il n'a pris des nouvelles de ma cliente", a précisé le conseil de Michèle Malbranque.


