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Chauffard de Bras-Panon : "Soit ça finit comme ça, soit ça finit mal et il vous tue !"

C'est l'histoire d'un marmaille de 2O ans, père de famille, sans histoire et sans casier judiciaire. Cette histoire est basée sur des faits réels et les personnages ne sont pas fictifs. Une fois encore, le premier rôle est attribué à l'alcool dont les effets dévastateurs désinhibent au point d'attenter à la vie des gens et à sa propre vie.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 16 mars 2021 à 10H43

Joanick H. 20 ans à peine, a vu sa vie prendre un sacré tournant ce lundi 15 mars lors de sa présentation devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis. Le 12 mars dernier, il décide, avec un dalon, de braver le couvre feu et de partir dés 18h de Bras-Panon à Saint-Louis, le tout en état d’ébriété avancée puisqu’il affiche encore le lendemain 1, 52 g/l au compteur.

Il est 4h30 du matin lorsqu’une patrouille de gendarmerie aperçoit une golf sur le bas côté de la RN2 dans la commune de Bras-Panon. Les militaires décident de faire demi tour afin de contrôler le véhicule en raison de l’état de couvre feu sur le département. Lorsqu’ils arrivent derrière la Golf, le conducteur démarre en trombe laissant derrière lui un nuage d'une fumée noire et opaque. C’est d’ailleurs ce qui permet leur permet de repérer et suivre le véhicule vers le centre ville de la commune. Ils finissent par retrouver le fuyard qui, tentant de faire demi tour est bloqué devant une case.

"J'ai vu dans son regard qu'il était déterminé à échapper à ce contrôle"

Les trois militaires se postent devant la Golf dans l’unique but de l’empêcher de repartir. Deux d’entre eux sortent pour procéder au contrôle et à l’interpellation du fuyard. En quelques seconde, le conducteur recule brusquement dans la porte du garage de la case avant d’avancer et percuter le véhicule de patrouille pour tenter de fuir à nouveau. Le premier gendarme, qui avait mis en joue le conducteur en même temps qu’il procède aux sommations d’usage, décide de ne pas ouvrir le feu. Il se dégage vers le capot afin de ne pas être percuté. "J'ai vu dans son regard qu'il était déterminé à échapper à ce contrôle" expliquera t-il. Dans le même temps, son collègue qui était posté derrière lui, ouvre le feu face à la persévérance du conducteur. Le chauffard parvient à s’enfuir à nouveau.

Ce n’est que le passage d’un dos d’âne à une vitesse excessive - le carter d’huile va se fendre - qui met fin à la cavale. La fuite finira par serrer le moteur et immobiliser le véhicule. Ils sont deux à bord et, après une fine analyse de la situation, le passager et propriétaire de la golf, appelle les gendarmes pour indiquer que son véhicule a été volé ! Il sera contrôlé à 1,54 g/l.  La patrouille, qu’ils ont failli écraser, les rejoints afin de les interpeller. Pour la petite histoire, le passager ne s’est pas rendu compte qu’il était blessé à la cuisse. Blessure superficielle provoquée par le tir du gendarme. Il est conduit à l’hôpital et le conducteur en garde à vue. Jusqu'à l'interpellation, les gendarmes ignoraient qui était à bord de cette golf. 

"En temps normal, j'aurais jamais fait ça" 

"je regrette énormément tout ce que j'ai fait, j'ai jamais ignoré la loi. En temps normal, j'aurais jamais fait ça" sont les premiers mot de Joanick H. à la barre. "Quand vous montez à 18h dans la voiture de votre copain qui est soul, vous savez qu'à 18h vous ne serez pas chez vous pour le couvre-feu ? Combien de fois vous auriez pu être controlé de Bras-Panon à Saint-Louis ? ce n'est pas être respectueux de la loi" répond la présidente agacée. Puis les questions s'enchainent sur les faits : "Pourquoi vous ne vous arrêtez pas ? Je ne sais pas" repond t-il.  "En reculant, il se passe quoi si le gendarme ne s'écarte pas ? Si il ne se pousse pas, j'aurais pu le percuter au niveau des jambes, ça aurait été plus grave" avoue le prévenu benoitement. 

Lors de son audition, le gendarme a, lui aussi, du justifier devant les instance compétentes, de l'utilisation de son arme de service : "Quand j'ai vu ça - la golf recule puis fonce sur son collègue - j'ai tiré une fois en me dégageant". Son collègue indique de son coté lors de son audition : "J'ai entendu un coup de feu alors que la golf venait de percuter la voiture". Lorsque la présidente demande au prévenu ce qu'il pense de tout ça, il répond d'une voix tremblante : "C'est très très grave car se sont des gendarmes, des êtres humains". Il fond en larme et promet de travailler dur pour réparer.

"Et les enfants des gendarmes, vous y pensez ?" 

"Pourquoi vous pleurez ?" demande la présidente. "Parque que je penses à mes enfants" dit-il. "Et les enfants des gendarmes, vous y pensez ?" rétorque sèchement la présidente, et d'ajouter : "Le gendarme qui est dans cette situation, il n'a pas longtemps pour réfléchir ! Soit ça finit comme ça, soit ça finit mal et il vous tue !". Le gendarme justement, après 30 ans de carrière, a ouvert le feu pour la première fois dans l'exercice de ses fonctions. "On met les autres en danger alors que ça aurait pu être une amende de 135€ et un retrait de permis. Servir et protéger, telle est leur mission. Ils culpabilisent et se demandent ce qu'ils auraient pu faire pour éviter ça !" explique la partie civile pour la défense des gendarmes qui demande leur reconnaissance en tant que victime. 

"Il a fait un certain nombre de choix malgré son casier vierge, et puis il décide de foncer délibérément sur les gendarmes. "Joanick a foncé sur le gendarme qui était devant nous" a dit son camarade. Mais non, il continue et prend la fuite. Les violences sont parfaitement caractérisées dans son intention sur les trois gendarmes qui ne font que leur travail" rapporte la procureure qui requiert 3 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire ainsi que le maintien en détention.

"Si vous prononcez une peine lourde, il y aura un sentiment d'injustice intolérable"

"Son comportement a justifié ce qu'ont fait les gendarmes, je ne remettrais pas ça en cause. Il était dans un tunnel du à son immaturité et la panique. Il agit en dépit de toutes les règles mais ne veut faire de mal à personne. Il n'a jamais cessé de s'excuser et, ce n'est ni un délinquant ni un criminel. C'est une tragique erreur de parcours, on peut encore faire quelque chose de lui. Si vous prononcez une peine lourde, il y aura un sentiment d'injustice intolérable" plaide la défense qui a été entendue par le tribunal puisque Joanick H. est condamné 18 mois de prison dont 12 avec sursis. Il devra faire 6 mois de détention à Domenjod. 
 

 

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