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Charte de La Marine : qui a signé, qui ne s’est pas engagé ?

Ecrit par P.M. – le jeudi 12 mars 2026 à 07H30
Le collectif s'était fait connaître l'année dernière en montant au créneau contre un projet de construction de 117 logements (archives).

À Sainte-Suzanne, l’initiative du collectif d'habitants de La Marine a suscité des réactions contrastées parmi les candidats aux élections municipales. Après avoir adressé une charte d’engagements sur les risques d’inondation, la pollution des sols et l’aménagement du quartier, l'heure du bilan a sonné.

Ils ont eu tout le temps de la lire, de la signer (ou non) ou de rencontrer les membres du collectif.

Deux semaines après l'envoi du document, les habitants dressent aujourd’hui un premier bilan : sept candidats à la mairie sur onze ont signé le document et trois ont été plus loin en rencontrant le collectif pour en discuter.

Pour rappel, envoyée le 26 février aux différents états-majors de campagne, la charte avait pour objectif d’amener les candidats à se positionner sur plusieurs enjeux jugés prioritaires par les habitants : gestion des eaux pluviales, prévention des inondations, dépollution des sols ou encore transparence dans les projets d’aménagement.

Le document, présenté comme un "engagement moral" envers la population, vise à “replacer la sécurité des habitants au centre des décisions d’urbanisme”, alors que le quartier de La Marine est régulièrement confronté à des problèmes d’écoulement des eaux et à la présence de remblais pollués.

Au total, sept candidats ont accepté de signer la charte, tandis que quatre ne l’ont pas retournée ou n’ont pas confirmé en avoir pris connaissance, selon le collectif. Dans le premier lot figurent (dans l'ordre des listes issue du tirage au sort) : Eddie Adekalom, Alexandre Laï-Kane-Cheong, Johann Idame, Daniel Alamélou, Frédéric Maillot, Eddy Balbine et Eddie Richard.

Trois rencontres avec des candidats

Au-delà de la signature, le collectif a également échangé directement avec trois candidats à la suite d'une demande de ces derniers (Alexandre Laï-Kane-Cheong, Daniel Alamélou et Johann Idame), lors de réunions d’environ une heure autour des sujets de l'évacuation des eaux pluviales, des risques d’inondation dans plusieurs quartiers de la commune, des questions d’assainissement ou encore de la présence de “remblais illégaux”.

Selon les membres du collectif, ces échanges ont été l’occasion “d’exposer la situation du quartier et de mesurer l’attention portée à ces sujets dans les programmes municipaux”.

Des niveaux d’engagement jugés inégaux

“Au regard des compétences nécessaires pour traiter ces problématiques, deux candidats ont présenté des solutions concrètes lors de ces échanges", démontrant selon le collectif "une connaissance plus précise du dossier et considérant ces aménagements comme une priorité avant toute nouvelle urbanisation”.

Pour les habitants, la signature de la charte constitue une première étape, mais elle ne suffit pas à lever toutes les interrogations. Si certains membres du collectif se montrent satisfaits d’avoir réussi à capter l’attention d’une partie des candidats en pleine période électorale, d'autres se montrent plus réservés, estimant que peu de candidats “ont véritablement approfondi les enjeux liés aux inondations ou à la pollution des sols”.

Des inquiétudes persistantes sur certains projets

Le collectif s’interroge également sur certaines orientations évoquées dans les programmes municipaux, notamment l’idée d’une zone artisanale à La Marine, “alors que la sécurisation du quartier face aux inondations n’a pas encore été traitée”.

Autre sujet de vigilance : un projet de giratoire à l’entrée de La Marine, concernant la prise en compte de l'écoulement des eaux pluviales.

Un "engagement politique" appelé à être suivi

Pour le collectif, la charte doit désormais servir de référence pour la future mandature. Les habitants rappellent qu’elle porte sur des engagements précis : encadrement des constructions, dépollution préalable des terrains, plan d’action pluriannuel contre les inondations ou encore réunions publiques régulières de suivi.

Même si la signature n’a aucune valeur juridique, les habitants considèrent qu’elle constitue une “trace et un engagement politique” vis-à-vis de la population.

Le collectif affirme vouloir travailler avec la future équipe municipale, quelle qu’elle soit, afin de faire avancer des dossiers qu’il juge “essentiels pour la sécurité de la commune et en particulier du quartier de La Marine”.

Parmi des sujets prioritaires : l'ouverture du bras de décharge, "qui permet depuis des décennies l’évacuation des eaux du quartier de la Marine et relève de la compétence de l’intercommunalité. À plusieurs reprises, nous avons alerté la mairie afin que le nécessaire soit fait, mais sans avancées jusqu'à présent". 

Un dossier qui sera sur la table de la prochaine mandature.

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