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C'est quoi cette polémique autour des drapeaux palestiniens sur les frontons de mairies et de collectivités ?

Ecrit par J.D. – le samedi 20 septembre 2025 à 09H23

À Sainte-Suzanne, des drapeaux ont été commandés pour orner les frontons municipaux, tandis que la Région Réunion organisera une levée officielle ce lundi 22 septembre. Une initiative locale qui s’inscrit dans un débat national, alors que le ministère de l’Intérieur demande aux préfets de s’opposer à l’affichage du drapeau palestinien sur les bâtiments publics.

Le geste est hautement symbolique et suscite déjà la controverse. À l’occasion de la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par la France, prévue ce lundi 22 septembre à New York devant l’assemblée générale des Nations unies, plusieurs communes et collectivités ont choisi de hisser le drapeau palestinien.

À La Réunion, la mairie de Sainte-Suzanne a fait commander des drapeaux pour les installer sur son fronton et ses annexes. De son côté, la Région Réunion, présidée par Huguette Bello, organisera une cérémonie de levée de drapeau ce même jour à l’hôtel de Région. Contactées, d'autres mairies n'ont pas répondu à nos sollicitations.

Le ministère de l’Intérieur a demandé aux préfets d’empêcher toute pose de drapeaux palestiniens

Cette initiative locale fait écho à l’appel lancé par Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, qui a invité les mairies de France à faire flotter le drapeau palestinien le 22 septembre. Une date à double portée symbolique : la reconnaissance de la Palestine par Paris, mais aussi le jour de Roch Hachana, le Nouvel an juif. La démarche a immédiatement divisé. Si la maire de Nantes, Johanna Rolland, ou encore le maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ont annoncé leur intention de pavoiser leur hôtel de ville, la Place Beauvau a rapidement réagi.

Dans un télégramme adressé aux préfets, le ministère de l’Intérieur a demandé d’empêcher toute pose de drapeaux palestiniens sur les édifices publics. Motif invoqué : une atteinte au principe de neutralité du service public et une « ingérence contraire à la loi » dans un conflit international. La note souligne également le risque d’importation de tensions sur le territoire national et de « troubles graves à l’ordre public ».

Le ministère de l’Intérieur estime que le pavoisement de bâtiments publics aux couleurs palestiniennes constitue une prise de position en matière internationale – compétence exclusive de l’État – et demande aux préfets d’y mettre fin, le cas échéant via un déféré préfectoral, invoquant aussi des risques de troubles à l’ordre public. Malgré cela, des initiatives locales émergent dans un contexte de hausse des actes antisémites depuis le 7 octobre 2023.

Une marge d'appréciation

Pour le constitutionnaliste Paul Cassia, cité par le Figaro, l’issue n’est pas tranchée : un pavoisement limité au seul 22 septembre pourrait être vu comme relayant l’action de l’État. Des précédents existent (validation du drapeau ukrainien par le TA de Versailles le 20 décembre 2024 ; mise en berne nationale le 22 avril ; retrait ultérieur du drapeau israélien à Nice), laissant une marge d’appréciation étroite au juge.

Les élus socialistes n’entendent pas reculer. Olivier Faure a accusé le ministère de chercher à contrecarrer « symboliquement » une décision du président de la République, estimant qu’un ministre démissionnaire devrait se limiter à gérer les affaires courantes. En métropole comme à La Réunion, la journée de lundi promet donc d’être marquée par un geste politique dont la portée dépasse largement le simple rituel républicain du pavoisement.

Reste désormais à savoir si les mairies et collectivités iront désormais au bout de leur démarche après l'avertissement du ministre de l'intérieur...

Etiquettes : Palestine

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