Revenir à la rubrique : Politique

CASUD : Patrick Lebreton agite le chiffon rouge d’un départ

Le maire de Saint-Joseph a tenu une conférence de presse pour dénoncer la délégation de service public qui doit être votée demain par la Casud. Cette convention va engager l'intercommunalité avec un prestataire pour 10 ans, avec des conditions qui ne permettront pas de rompre le contrat, même "pour l'intérêt général". L'occasion pour Patrick Lebreton de distribuer des tacles à ses adversaires avec les formules dont il a le secret et de rappeler qu'il peut toujours quitter l'intercommunalité du Sud pour celle de l'Est.

Ecrit par 1776023 – le mardi 16 mai 2023 à 15H12

Hier, les dirigeants de la Casud ont présenté le renouvellement du contrat de gestion de la délégation de service public (DSP) censé garantir une baisse des prix de l’eau pour les petits consommateurs. Ce mardi, Patrick Lebreton tenait à apporter des précisions sur les petites lignes en bas de page que personne ne lit.

« Aujourd’hui, nous prenons date pour une projection vers l’avenir », a lancé Patrick Lebreton en préambule de sa conférence de presse. Cette projection, c’est une augmentation des tarifs de l’eau d’ici trois ans pour les habitants de la Casud, contrairement à ce qui a été annoncé par les représentants de l’intercommunalité.

Si une baisse des tarifs a été annoncée pour ceux qui consomment moins de 180m3 par an, le maire de Saint-Joseph rappelle que cela ne concerne pas plus de 45% des habitants de sa commune.

Un contrat très avantageux pour les prestataires

Ce sont surtout les termes du contrat que le 1er vice-président de la région dénonce. La délégation va courir sur 10 ans, au lieu de 8 comme la précédente, et va donc couvrir trois mandats municipaux. Les futures équipes municipales n’auront aucune marge de manœuvre.

De plus, les élus saint-joséphois assurent que le contrat accorde une part plus importante des revenus aux prestataires chargés de la distribution de l’eau et de l’assainissement, tandis que les revenus pour l’intercommunalité vont baisser. Cela entraînera donc une diminution des recettes pour l’intercommunalité, qui devra compenser cette perte à un moment donné.

Enfin, c’est l' »irréversibilité » du contrat qui irrite Patrick Lebreton. L’indemnité de rupture du contrat passe de 1,3 million euros à 18,4 millions d’euros (dégressif avec les années écoulées). « Les montants sont tels qu’on ne pourra pas se permettre de sortir du contrat, même si c’est dans l’intérêt général. Chaque année, la Casud gagnera moins que ce qu’elle devrait payer en cas de rupture du contrat », s’inquiète la députée Emeline K/Bidi.

Trois maires dans son viseur

Pour Patrick Lebreton, tout cela entraînera une hausse « inévitable » des tarifs de l’eau dans les trois ans, contrairement à ce qu’a déclaré Bachil Valy, le 1er vice-président de la Casud la veille. « Il y en a certains, quand l’intelligence est passée devant le magasin, ils étaient dans l’arrière-boutique. »

Le maire de Saint-Philippe n’a pas non plus été épargné. « Quand il est passé à la région, il a changé de camp. Certains disent que c’est parce qu’il a perdu sa place à la Région, d’autres parce qu’il a pu obtenir des compensations », argumente Patrick Lebreton, qui rappelle qu’Olivier Rivière a été nommé à sa place à la tête de la Sodegis depuis.

Enfin, en évitant autant que possible de le nommer, le maire de Saint-Joseph assure que pour André Thien Ah Koon, l’élection à la présidence de la Casud « lui est restée en travers de la gorge ». D’où une chasse aux sorcières des élus saint-joséphois au sein de l’intercommunalité, remplacés par leurs collègues de l’opposition municipale.

De quoi rappeler que « l’adhésion de Saint-Joseph à l’intercommunalité de l’Est est toujours possible » et que cela pourrait être le thème principal de sa future campagne municipale.

Thèmes :
Partagez cet article:
S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Philippe Naillet s’exprime au sujet du Chlordécone et du Fipronil à La Réunion

Le 29 février 2024, cinq propositions de loi, dont une visant à renforcer la protection des mineurs dans le sport et d’autres concernant le soutien aux TPE, l’encadrement des frais bancaires et la lutte contre les pénuries de médicaments, ont été adoptées. Philippe Naillet s’est exprimé sur la responsabilité de l’État dans le scandale du Chlordécone, également examiné à cette occasion.