Bois-d’Olive, petit quartier… trop ou pas assez tranquille ?

Les divers quartiers se transforment, chacun à sa façon. Certains, autrefois invivables, ont perdu leur mauvaise réputation. D’autres deviennent invivables avec des gangs qui s’installent, venus d’on-ne-sait-où !
Un de mes meilleurs potes avait construit sa maison, voici quelque 40 ans, dans un quartier tranquille de Saint-Louis. Aujourd’hui, il ne rêve plus que d’aller au Piton-des-Neiges. Ou alors qu’on lui prête quelques grenades à fragmentation pour ramener l’ordre chez et autour de lui.
Je n’ai pas les mêmes soucis.
J’habite à Bois-d’Olive, dans les parages du lycée. Le coin n’est pas pire qu’un autre. Il serait même plutôt avenant, habité par quantité de braves gens bataillant dur pour s’en sortir. Ouvriers, fonctionnaires, employés du privé et… une grosse majorité de chômeurs ; tout un petit monde coloré, animé, très sympathique.
Ceux que j’appelais « les voyous de l’escalier » voici quatre ans, ont disparu. Au travail ? en taule ? au cimetière ? En tout cas, les escaliers ont retrouvé leur belle sérénité.
Il reste juste deux ou trois connards, à la cervelle en ti-pois-rond-pourri, qui font vrombir leur tire-con (pardon, leur mob) ou leur bagnole, croyant être admirés alors qu’ils passent pour de sinistres imbéciles.
Ce que tous regrettent très fort, dans mon environnement proche, est la disparition en six mois de deux petits commerces de proximité, la boulangerie et un petit snack Chemin-Bœuf. Deux petites boutiques où l’on était très bien servi et dispensant de prendre le bus po aller rôde le pain ou le journal.
Le boulanger avait installé des tables sous sa véranda. Squattées par des voyous, voire des lycéen(ne)s mettant leurs paturons sur les tables sans consommer. Cela a fait fuir les clients normaux et le chiffre d’affaire. Fermeture après des mois de résistance passive.
Ne pouvait-il virer les incongrus ? Non : ils avaient menacé de foutre le feu. Dommage ; même les amateurs de musique (mettons de désordre, plutôt) musique boum-tchic-boum-tchic-boum, ont mis une sourdine.
Faut-il donc qu’un quartier soit bruyant, survolté, insécurisé, pour qu’il vive ?
Jules Bénard


