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Bernard Hayot réagit aux propos de Alain Huygues-Despointes

La diffusion d'un reportage intitulé "Les derniers maîtres de la Martinique", le 6 février par Canal+, a provoqué un véritable scandale dans l'ile, mais également en métropole et dans l'ensemble des DOM. L'émission traite des héritiers blancs des premiers colons installés sur l’île avant la Révolution française. On y entend Alain Huygues-Despointes, l’un des "békés" interrogés, dire qu’il regrette que les historiens ne s’intéressent pas "aux bons côtés de l’esclavage". Il explique aussi "vouloir préserver sa race". "Quand je vois des familles métissées avec des Blancs et des Noirs, les enfants naissent de couleurs différentes, il n’y a pas d’harmonie", déclare-t-il. Depuis le 6 février, l'un des békés les plus connus, notamment pour l'importance de ses investissements à la Réunion, s'était tu. Il a décidé de parler. Nous reproduisons ci-dessous sa réaction... Nul doute qu'elle va provoquer des commentaires de la part des lecteurs de Zinfos...

Ecrit par Pierrot Dupuy – le mardi 17 février 2009 à 19H41

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« Si depuis que l’émission de Canal+ a été diffusée j’ai gardé le silence, ce n’est pas par hasard. Il m’a simplement fallu tout ce temps pour absorber le choc et le trouble crées en moi.
Quelle blessure pour la communauté martiniquaise dans son ensemble.
Les propos d’Alain Huygues-Despointes sont inacceptables et je les condamne totalement.
Depuis les années 1960 avec de nombreux compagnons de route, martiniquais de toutes origines, dans différentes instances, je me suis engagé avec enthousiasme et conviction dans des actions qui avaient pour objectif de rapprocher les différentes communautés de la société martiniquaise.
Aucun d’entre nous n’était le porte-parole officiel de sa communauté, mais chacun d’entre nous était conscient de ses responsabilités.
Plus tard, j’ai crée la Fondation Clément. Ce n’est pas un hasard si cette Fondation entièrement financée par mon groupe d’entreprises ne porte pas mon nom.
A travers cette Fondation, j’ai choisi de perpétuer le nom d’une grande famille de ce pays, symbole d’une belle réussite aussi bien sociale que professionnelle. Clément, un nom dont la Martinique, comme moi-même sommes fiers.
Ce n’est pas non plus un hasard, si l’homme qui symbolise le mieux la conscience martiniquaise, Aimé Césaire, a accepté de venir en compagnie de Camille Darsières planter à l’Habitation Clément l’arbre de la Fraternité.
Quel symbole et quel honneur.
L’homme que je suis, béké certes, mais martiniquais d’abord, a toujours été hautement conscient de l’importance du rôle de chacun dans le dialogue et la compréhension entre nos différentes communautés.
La secousse que nous vivons aujourd’hui est un appel à redoubler d’efforts.
Tous ensemble et moi le premier, nous devons dans un élan de fraternité tout faire pour que notre société martiniquaise devienne en profondeur une société respectueuse de chacun, enrichie de ses différences, confortée dans sa capacité à vivre ensemble”.

Bernard HAYOT

 

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