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Avec 14 % de Réunionnais touchés, l’ARS passe à l’offensive contre le diabète

Ecrit par Gaetan Dumuids – le mercredi 3 septembre 2025 à 16H06
Photo : Pixabay

Avec près d’un Réunionnais sur sept qui est diabétique, soit le double de l’Hexagone, l’ARS dévoile un nouveau programme 2025-2028 pour prévenir, dépister et mieux accompagner les malades, avec des moyens renforcés et une mobilisation de tous les acteurs du territoire.

À La Réunion, le diabète et l’obésité continuent de peser lourdement sur la santé publique. Les derniers chiffres sont alarmants : 13,6 % des 18–85 ans sont concernés par le diabète, un taux qui reste près du double de celui observé en métropole. Autre particularité, l’âge moyen du diagnostic est particulièrement bas, autour de 48 ans, ce qui témoigne d’une apparition plus précoce de la maladie sur l’île.

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À cela s’ajoute la progression de l’obésité, qui touche près d’un adulte sur cinq et environ un adolescent sur dix. Ce cocktail favorise non seulement l’augmentation des cas de diabète mais aussi l’apparition de complications graves comme les maladies cardiovasculaires, l’insuffisance rénale, certaines formes de cancer ou encore les amputations.

Un nouveau programme pour freiner la progression du diabète

Dans ce contexte, l’Agence régionale de santé a présenté son Programme Réunionnais de Nutrition et de lutte contre le Diabète et l’Obésité (PRNDO) pour la période 2025-2028. L’ambition affichée est claire : freiner durablement l’incidence de la maladie, réduire les complications et agir pour diminuer les inégalités sociales et territoriales de santé.

La première orientation vise à renforcer la prévention dès le plus jeune âge. Les écoles seront au cœur du dispositif, avec la diffusion d’outils pédagogiques actualisés et un travail accru avec les familles pour promouvoir de meilleures habitudes alimentaires et encourager l’activité physique. L’ARS mise également sur le développement du sport-santé, en favorisant le déploiement du “sport sur ordonnance” et en soutenant les clubs et associations locales capables d’accompagner les personnes en surpoids ou à risque de diabète.

Le deuxième axe concerne le dépistage. Trop de Réunionnais ignorent encore qu’ils sont diabétiques ou pré-diabétiques. Les campagnes de proximité vont donc se multiplier, à l’image de l’opération “Dépist out diabète” qui sera élargie. Ces actions cibleront les zones et populations les plus exposées afin de détecter la maladie plus tôt et d’éviter des diagnostics tardifs, souvent synonymes de complications lourdes.

Le troisième pilier est l’accompagnement des patients. L’ARS veut élargir l’accès aux programmes d’éducation thérapeutique afin que les malades puissent mieux comprendre leur maladie et devenir acteurs de leur prise en charge au quotidien. Médecins traitants, infirmiers et pharmaciens auront un rôle renforcé dans la structuration de parcours de soins clairs et coordonnés. L’idée est de simplifier le suivi tout en rapprochant les solutions de terrain des besoins concrets des malades.

Agir plus tôt, plus près et plus fort contre la maladie

Le plan insiste aussi sur la nécessité de disposer de données fiables et régulièrement mises à jour. La surveillance épidémiologique sera donc renforcée pour ajuster en permanence les actions. Des campagnes de communication récurrentes viendront compléter le dispositif, avec un message central : ce sont les petites décisions du quotidien, comme bouger plus, mieux manger et se faire dépister à temps, qui peuvent changer la trajectoire de la maladie.

Ce programme ne pourra réussir sans une gouvernance élargie. L’ARS entend travailler en étroite collaboration avec les collectivités locales, l’Éducation nationale, les établissements de santé, les associations de patients et les caisses d’assurance maladie. L’ensemble de ces partenaires sera mobilisé pour aligner les financements, la logistique et les objectifs. Le programme, actuellement en phase de finalisation, doit être présenté à l’automne 2025. Il sera assorti d’indicateurs annuels de suivi afin de mesurer les résultats et d’adapter les actions si nécessaire.

Pour l’ARS, l’enjeu est désormais d’agir plus tôt, plus près des habitants et plus fort face à cette épidémie silencieuse. Plus tôt, en multipliant les repérages et dépistages. Plus près, en allant directement vers les habitants grâce à des actions locales et de terrain. Plus fort, en s’appuyant sur l’ensemble des acteurs du territoire pour amplifier la dynamique de prévention et de soin.

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Etiquettes : ARS | Diabète

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