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Autonomie ou départementalisation : une pétition appelle à un référendum

Ecrit par P.M. – le lundi 6 octobre 2025 à 15H45
La pétition a été lancée par Olivier Dugain avec le soutien de Cindy Barbe Robert, candidate à Salazie.

Le mouvement Po Nout Natyon Réyonné appelle, via une pétition, à donner la parole aux Réunionnais à travers un référendum sur l’avenir institutionnel de l’île.

Le collectif a lancé une pétition pour réclamer l’organisation d’une consultation populaire, estimant que les décisions prises actuellement sur ce sujet ne peuvent l’être sans l’avis direct de la population.

Dans un communiqué, le mouvement, représenté par Olivier Dugain, conseiller municipal d’opposition à Sainte-Suzanne, affirme que « l’avenir de La Réunion appartient aux Réunionnais ». Le texte s’inscrit dans le contexte des récentes prises de position du président du Département, Cyrille Melchior, sur l’avenir institutionnel de l’île.

Selon les signataires, ces déclarations n’ont fait l’objet d’« aucune consultation préalable » et engagent « le destin collectif de La Réunion » sans « l’expression claire et démocratique du peuple réunionnais ».

Un appel à une consultation populaire

Le mouvement plaide pour l’organisation d’un référendum sur l’avenir institutionnel de l’île, accompagné d’une campagne citoyenne d’information et de sensibilisation, afin que « chaque Réunionnais puisse voter en toute connaissance de cause ».

Les initiateurs de la pétition demandent également le respect d’un principe démocratique fondamental : qu’« aucune décision majeure concernant l’avenir de La Réunion ne soit prise sans l’accord du peuple ».

Le communiqué rappelle que le statut de département, en vigueur depuis plus de 75 ans, a permis « des avancées sociales majeures » mais a aussi montré « ses limites », notamment en matière de dépendance économique et de chômage structurel.

Pour ses initiateurs, il est temps d’ouvrir un débat « transparent, inclusif et réellement démocratique » sur le futur institutionnel de l’île.

Lire aussi : Nouvel'R : « Oui, à un cadre institutionnel stable ! Non, à l'aventure autonomiste ! »

Des positions contrastées sur l’autonomie

Contacté, Olivier Dugain, qui s’était déjà exprimé lors du dernier conseil municipal de Sainte-Suzanne, estime que « Cyrille Melchior n’a pas à décider seul pour les Réunionnais de l’avenir institutionnel de l’île ».

L’élu fait référence à la récente rencontre à l’Élysée entre le président de la République et les représentants des Outre-mer, à la suite du rapport Égea–Montlouis-Félicité, qui propose notamment une réécriture de l’article 73 de la Constitution pour accorder davantage de libertés d’adaptation aux territoires ultramarins.

Selon Olivier Dugain, « l’autonomie n’est pas un gros mot et ne doit pas faire peur ». Il plaide pour « une autonomie au sein de la République », où l’État conserverait ses compétences régaliennes tout en laissant plus de marge de manœuvre aux élus locaux, notamment « à travers une assemblée unique ».

« Il ne s’agit pas d’indépendance, mais d’une responsabilisation accrue de nos institutions locales », précise-t-il.

Un mouvement en structuration

Créé il y a quelques mois par d’anciens membres de Croire et Oser, le mouvement Po Nout Natyon Réyonné prévoit d’évoluer en parti politique après les prochaines élections municipales. Parmi ses membres, on retrouve notamment Cindy Barbe-Robert, candidate à Salazie, qui soutient également la pétition.

Le mouvement affirme vouloir « replacer les citoyens au cœur du débat sur l’avenir institutionnel », dans un contexte où la question de l’autonomie, relancée au niveau national, continue de diviser la classe politique locale.

« Lèss anou soizi nout l’avenir, in domin pou nou mèm », conclut le communiqué.

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