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"Autochtones ayant gardé leurs gènes de sauvage" : Brigitte Bardot devant la justice

Mars 2019, l'ancienne actrice dénonçait l'errance animale dans un courrier adressé au préfet de La Réunion. Elle y accablait les Réunionnais, affublés du titre "d'autochtones ayant gardé leurs gènes de sauvage". Jugée pour ces faits en correctionnelle, elle avait été condamnée à une amende de 20.000 euros, décision qu'elle conteste aujourd'hui devant la cour d'appel.
Ecrit par Isabelle Serre – le jeudi 15 septembre 2022 à 11H08

Le 19 mars 2019, Brigitte Bardot dénonçait l'errance animale et s'en prenait directement aux Réunionnais. Dans une lettre ouverte  adressée au préfet, elle qualifiait La Réunion "d'île du diable" et ses habitants "d'autochtones qui ont gardé leurs gènes de sauvages". L'ancienne actrice avait expliqué qu'elle recevait un grand nombre de courriers qui lui étaient adressés personnellement et dans lesquels "la barbarie des Réunionnais vis-à-vis des animaux" était évoquée.

Population dégénérée, traditions barbares, île démoniaque, les adjectifs insultants étaient nombreux dans cette missive qui avait choqué jusque dans l'Hexagone.

Une plainte à la demande de l'ex-ministre des Outre-mer

À la demande d'Annick Girardin alors ministre des Outre-mer, le préfet avait déposé une plainte malgré les excuses présentées par Brigitte Bardot  le 24 mars. Celle-ci a été poursuivie devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis pour injures raciales au même titre que son collaborateur, Bruno Jacquelin.

Après de multiples renvois, le procès s'était enfin tenu le 7 octobre devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Plusieurs associations et personnalités s'étaient portées parties civiles dont la Ligue des droits de l'homme, la Fédération Tamoule de La Réunion et le député Jean-Hugues Ratenon.

Coupable d'injures raciales envers les Réunionnais

25.000 euros d’amende et une diffusion dans les médias de la condamnation pour Brigitte Bardot et 5000 euros d’amende pour Bruno Jacquemin avaient été requis par le parquet.

Brigitte Bardot avait été reconnue coupable d’injures raciales  envers les Réunionnais et condamnée à payer 20.000 euros aux parties civiles. Son collaborateur et responsable communication de la fondation, Bruno Jacquelin, était lui aussi reconnu coupable avec une amende à verser de 4000 euros.

Une décision contestée par l'ex-égérie du cinéma français qui est rejugée ce jeudi devant la cour d'appel de La Réunion après un premier renvoi.

Lors de ses réquisitions, l'avocat général requiert 40.000 euros d’amende pour Brigitte Bardot - 25.000€ requis en première instance - et 4.000 euros pour Bruno Jacquelin soit 1.000€ de moins qu'au premier jugement. Le magistrat regrette de ne pas avoir d’élément de revenus concernant les deux prévenus.

La date du délibéré est fixé au 17 novembre prochain. 

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