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Au Département, le syndicat Sud en défense d’une personne handicapée menacée de licenciement

Ecrit par Thierry Lauret – le jeudi 23 juillet 2026 à 17H12
Moïse Mazeau (à gauche), secrétaire départemental.

À quatre mois du terme de son contrat en alternance, une étudiante en master de ressources humaines a été convoquée à un entretien préalable à un éventuel licenciement par le Département. Cette mère de famille en situation de handicap âgée de 36 ans est défendue par le syndicat Sud Collectivités territoriales.

« C'est une mère isolée porteuse de handicap. Elle fait l’objet d’une procédure pouvant conduire à un licenciement à quatre mois de la fin de son stage, alors qu’elle est en arrêt maladie. Cela risque d’effacer toute sa formation et de réduire à néant ses chances de trouver un travail », clame Moïze Mazeau dans le local syndical où il a réuni les médias, ce jeudi 23 juillet.

Pour le secrétaire départemental du syndicat Sud Collectivités territoriales de la Réunion, le cas de cette femme en contrat d’alternance depuis presque deux ans serait symptomatique du climat délétère qui règnerait dans les services du Département, où une « municipalisation » du fonctionnement de la collectivité, comprendre une gestion politique de la carrière des agents, aurait pris le pas sur le cadre administratif légal.

Étudiante en Master de ressources humaines, Leïla (prénom d’emprunt) poursuit un contrat en alternance au Département sous le patronage du Collège des Talents à Paris. À quatre mois du terme de son contrat, elle a été convoquée le 13 juillet dernier par le Département à un entretien préalable à une éventuelle mesure de licenciement pour faute grave.

Pas de place de parking pour les personnes à mobilité réduite

Selon le témoignage de la principale intéressée, recrutée à un poste de chargée de qualité de vie au travail, avec comme perspective une embauche au sein de la collectivité, les ennuis ont commencé lorsqu’elle a fait valoir l’absence de place de parking pour personne en situation de handicap dans le bâtiment où on l’avait placée, situé rue Bertin à Saint-Denis.

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La jeune maman isolée déplorait de devoir parcourir 400 mètres à pied pour rejoindre un parking de la collectivité situé près du jardin de l’État, mais aussi de devoir grimper à l’étage du bâtiment où elle travaille pour aller aux toilettes. Elle dit avoir vécu le mépris de sa hiérarchie, mais aussi celui de nombre de ses collègues, face à ces obstacles quotidiens que doivent encore franchir de nombreuses personnes en situation de handicap employées en France.

« La loi de 2005 [pour l’égalité des droits et des chances] oblige pourtant l’employeur à faire une médiation dans ce genre de situation, tout comme elle l’oblige à aménager des places pour les personnes handicapées. Nous n’avons jamais eu de réponse à nos demandes », proteste le secrétaire départemental du syndicat Sud Collectivités territoriales, qui a accompagné l’étudiante lors de son entretien préalable à un éventuel licenciement.

Le Département évoque un acte d'indiscipline

Contacté, le Département souligne qu’à ce jour « aucune décision de licenciement n’a été prise par l’autorité territoriale » et qu’une « procédure contradictoire est en cours ». Concernant l’absence de place de parking pour les personnes à mobilité réduite (PMR), la collectivité assure avoir « mis en œuvre plusieurs solutions de stationnement » et indique avoir finalement obtenu depuis février 2026 une place située « à 87 mètres » de son lieu de travail, sur le parking d’une crèche voisine.

Une version contestée par l’intéressée, qui relate que c’est elle-même qui a sollicité le responsable de la crèche pour lui demander de pouvoir utiliser sa place de stationnement PMR, lequel aurait eu « pitié » d’elle et aurait accepté. 

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Dans la convocation envoyée à l’étudiante en vue de son entretien préalable à un éventuel licenciement pour faute grave, le Département évoque notamment un acte d’indiscipline remontant à juillet de l’année dernière, ou encore un épisode rocambolesque au cours duquel elle aurait bloqué le véhicule d’une collègue devant se rendre à un rendez-vous médical urgent.

« Les conditions de travail ont été adaptées »

Selon la collectivité, « les rapports hiérarchiques attestent que les conditions de travail ont été adaptées et que les moyens nécessaires ont été mobilisés pour favoriser son intégration professionnelle ».

Des affirmations vivement contestés par celle dont la mission consistait justement à veiller à l’instauration d’une meilleure qualité au travail pour les 5.700 agents du Département. Selon le syndicaliste Moïse Maizeau, le pourcentage d’arrêt maladie dans les différents services s’élevait à 10,23% en 2023.

Etiquettes : Département | Handicap | PU1

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