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Assises : Soubaya Camatchy reconnu coupable de tentative d’assassinat et condamné à 10 ans de réclusion en appel

Acquitté des faits criminels pour lesquels il était poursuivi lors de son premier procès devant les assises, Djayan Soubaya Camatchy a, cette foi,s été reconnu coupable de tentative d'assassinat et a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle. 15 ans de prison avaient été requis à son encontre un peu plus tôt ce mercredi.,

Ecrit par Isabelle Serre - Régis Labrousse – le mercredi 24 avril 2024 à 19H19
C'est dans ce hangar désaffecté que les faits se sont déroulés à Ste-Marie (DR)

Depuis trois jours, le jeune homme de 23 ans était de nouveau jugé devant la cour d’assises à la demande du parquet général qui avait interjeté appel. Lors de sa première condamnation en novembre 2022, Djayan Soubaya Camatchy accusé d’avoir tenté d’assassiner une camarade de lycée avait été acquitté de ces faits criminels et condamné à 7 ans de prison pour des violences avec arme et préméditation, des faits correctionnels.

Lors de l’audience criminelle démarrée ce lundi, la défense du mis en cause a tenté de convaincre une nouvelle fois le jury populaire que le mis en cause avait menti durant sa garde à vue, poussé par le gendarme qui prenait sa déposition à avouer ce à quoi il n’avait jamais pensé. Comme lors du premier procès, la victime a témoigné à huis clos, mais cette fois-ci dans le prétoire de la rue Juliette Dodu et non pas en visioconférence. La jeune fille, toujours très traumatisée, a ensuite quitté la salle sans assister à la suite des débats.

En mai 2019, le lycéen de Ste-Marie avait trahi la confiance de cette camarade et l’avait entrainée dans un hangar désaffecté. Il lui avait porté une dizaine de coups avec le tube en métal d’un aspirateur qu’il avait déposé sur les lieux à l’avance.

Cependant, la lycéenne avait résisté et il n’était pas parvenu à l’assommer. Il lui avait alors frappé la tête à plusieurs reprises contre le mur et au sol afin « de l’affaiblir ». L’idée en effet n’était pas de la tuer tout de suite. Aucun intérêt de « violer un cadavre » avait-il déclaré à l’enquêteur en charge de son audition. L’objectif recherché était qu’elle perde des forces afin qu’il puisse abuser d’elle. Djayan, n’étant toujours pas parvenu à ses fins, avait piqué, à l’aide d’un couteau de cuisine, entre les deux yeux de sa victime afin qu’elle perde du sang et soit plus malléable. Mais c’est finalement lui qui s’était trouvé à bout de forces : « Je me suis surestimé et j’ai sous-estimé sa détermination à vivre », avait-il expliqué.

Blessée et en sang, sa proie avait fait preuve de bon sens. Elle avait évoqué sa famille qui l’aimait et trouvé les mots pour que son agresseur revienne à la raison. Parce qu’elle était couverte de sang et ne pouvait pas sortir dans la rue dans cet état, Djayan avait proposé de rentrer chez lui afin de chercher de l’eau et du linge de rechange. Pendant son absence, l’adolescente avait évidemment pris la fuite et croisé la route d’un automobiliste qui l’avait prise en charge.

En appel, la préméditation argumentée par l’avocate générale

20 ans de réclusion criminelle avaient été requis à l’encontre du suspect en première instance, 15 ans ce mercredi par la représentante de la société. « C’est une affaire singulière avec un accusé à la personnalité particulière. Un jeune homme bien sous tout rapport qui répond à tous les standards qui vit dans un climat de confiance« , a-t-elle rappelé avant d’ajouter, « Il est dans la singularité et passe son temps à travailler. Il est en retrait des autres. Il est dans une phase adolescence de surestimation de lui-même (NDLR : en référence à ses lectures des textes de Nietzsche).« 
Elle argue la préméditation de l’acte : « Il est dans une phase de conception et a un rite initiatique dans sa tête, ce qui selon moi correspond à une pulsion sadique. » L’avocate générale revient ensuite sur le choix de l’accusé de s’attaquer à sa camarade de classe. « Pour lui, c’est la victime idéale. Qui peut penser qu’il est dans la dissimulation ? Elle accepte, car elle est en confiance« , détaille-t-elle.

La représentante de la société continue son analyse : « Il y a une préparation qui se fait avant et qui est dans le monde réel. Dans son désir d’assouvir ses pulsions, il lui assène un coup de barre sur la tête. À ce moment, elle devient son objet avec pour but de s’en débarrasser après. » Mais lorsque la lycéenne se défend, l’attitude de l’accusé change, elle précise : « Elle devient son ennemi qu’il faut éradiquer, car elle lui résiste. »

Elle conclut : « Je considère en droit la tentative d’assassinat dans la préméditation du choix de l’endroit et d’avoir emmené les outils. La victime dit : ‘il a voulu me tuer’. Si la mort n’arrive pas ce n’est pas parce qu’il ne veut pas mais parce qu’il ne peut pas ! »

L’avocate générale a requis sa condamnation pour tentative d’assassinat, des faits criminels qui n’avaient pas été retenus en première instance.
Le verdict vient de tomber : la cour reconnaît l’accusé coupable de tentative d’assassinat. Djayan Soubaya Camatchy est condamné à 10 années de réclusion criminelle.
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