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Après sa loi sur la castration des violeurs, le gouvernement malgache affiche ses premiers chiffres

Des chiffres déjà probants selon le gouvernement. La ministre de la Justice malgache a présenté ce jeudi les chiffres du nombre de viols commis sur des enfants le mois dernier dans le pays. Ce premier bilan viendrait valider le durcissement pénal voté en début d'année.
Ecrit par N.P. – le samedi 20 juillet 2024 à 18H15
Landy Randriamanantenasoa, ministre de la Justice

Landy Mbolatiana Randriamanantenasoa parle de "franc succès" au moment de qualifier la loi portant sur la castration chirurgicale des personnes condamnées pour viol sur mineur.

Selon la Garde des sceaux malgache ce jeudi à Analakely, 116 cas de viols avaient été enregistrés en janvier dernier alors que 54 cas ont été remontés au ministère durant ce mois de juin 2024.

Landy Mbolatiana Randriamanantenasoa estime que ce recul est directement lié au vote de cette loi quand bien même son décret d’application se fait toujours attendre. Le gouvernement malgache est déjà persuadé de l’aspect dissuasif de cette loi votée par le parlement et qui prévoit la castration des violeurs d’enfants âgés de moins 10 ans. A ce jour donc, aucun violeur condamné n’a subi de castration chirurgicale.

"Malgré les critiques des détracteurs, la décision du président de la République dans la lutte contre le viol a donné des résultats probants, et nous allons bientôt progresser encore davantage dans cette lutte", en a même rajouté la ministre tout en gardant le mystère sur les futures évolutions du code pénal imaginées par le président Andry Rajoelina.

L’ambassadrice européenne fait ses bagages

Cette loi votée par les parlementaires de la Grande île début février avait ensuite été validée par la Haute Cour constitutionnelle (HCC) de Madagascar le 23 février. La HCC avait néanmoins annulé une autre disposition du texte de loi qui prévoyait la castration "chimique ou chirurgicale" contre les violeurs d'enfants âgés entre 10 et 13 ans et de castration "chimique" pour les violeurs de mineurs entre 13 et 18 ans. La Haute Cour avait jugé que la castration chimique, temporaire, ne correspondait pas à l'objectif du législateur de neutraliser définitivement les prédateurs sexuels.

Néanmoins, le vote de cette loi avait amené l’ambassadrice de l’Union européenne à Madagascar à sortir de son couloir diplomatique. "Le viol est un crime, mais il faut le combattre par tous les moyens dignes de ce nom. Je ne pense pas que la castration chimique ou que la castration tout court soit une solution dissuasive pour les violeurs", avait déclaré Isabelle Delattre Burger en convoquant la presse du pays il y a cinq mois de cela.

En poste depuis presque deux ans à Antananarivo, cette dernière vient d’être rappelée par Bruxelles. C’est l’intéressée elle même qui a annoncé son départ ce 12 juillet. Un départ sans doute précipité par sa prise de position catégorique sur la promulgation de cette loi qui allait selon elle à l’encontre de la Constitution de Madagascar et des engagements pris par le pays sur le plan des droits humains. Cette sortie médiatique de la diplomate européenne avait passablement irrité l’Etat malgache qui a fini par demander à l’UE de procéder à son remplacement.

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