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Aménagement du territoire : 18 associations appellent à un « sursaut écologique et social »

Ecrit par M.B – le samedi 21 juin 2025 à 09H12

Alors que La Réunion se prépare à redessiner les grandes lignes de son aménagement pour les prochaines décennies, dix-huit associations locales tirent la sonnette d’alarme. Dans une lettre ouverte rendue publique ce jeudi 20 juin, elles appellent les autorités à opérer un véritable « sursaut écologique et social », estimant que les choix actuels ne permettent pas de faire face aux défis climatiques et sociaux qui s’annoncent.

Alors que la révision du Schéma d’Aménagement Régional (SAR) 2050 est en cours, dix-huit associations citoyennes et environnementales de La Réunion ont publié un communiqué, ce jeudi 20 juin, pour interpeller les autorités locales. Dans une lettre ouverte adressée aux élus municipaux, intercommunaux, départementaux et régionaux, ainsi qu’au Comité régional de tourisme, elles alertent sur l’urgence de repenser en profondeur l’aménagement du territoire. « Changeons de cap. Ensemble, écrivons un nouveau récit pour La Réunion », concluent-elles. Ces revendications sont portées par un collectif regroupant : ARBRE (Agence de Recherche sur la Biodiversité à La Réunion), ATTAC, Domoun La Plaine, Sauver la Rivière des Galets, Protége Nout Savan, Non à la NRL, Trap’Sphère Environnement, la Fédération Départementale de la Pêche, Germin’Acteurs, Pti d’Bwa, l’Association Citoyenne de Saint-Pierre, le groupe local de Greenpeace La Réunion, la SEOR, Bio Consom’acteurs Réunion, l’Association Le Taille-Vent, Extinction Rebellion, BIOMA (Sensibiliser pour préserver la biodiversité) et Vie Océane.

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Les signataires dénoncent un modèle de développement qui, selon eux, aggrave les déséquilibres sociaux et environnementaux. « Les schémas et stratégies actuels ne répondent ni à l’urgence climatique, ni aux besoins fondamentaux de la population », affirment-elles. Parmi les indicateurs les plus préoccupants, elles citent « la progression de la précarité (plus de 35 % de Réunionnais·es sous le seuil de pauvreté), la crise du logement, la dégradation des écosystèmes et l’artificialisation du littoral ».

Cinq mesures prioritaires

Si elles reconnaissent certaines démarches de concertation, comme « la convention citoyenne » et « la caravane du SAR », les associations estiment que ces initiatives demeurent insuffisantes face aux enjeux. « Ces mesures ne sont pas à la hauteur », soulignent-elles, appelant à des actions plus ambitieuses, fondées sur les données scientifiques et les réalités locales.

Parmi les propositions avancées, les associations réclament l’intégration urgente de la TRACC – la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique – afin que le SAR repose sur « la réalité scientifique et les vulnérabilités locales ». Elles demandent également l’application de la recommandation 39 de la convention citoyenne pour une révision participative des choix d’aménagement. Autre demande forte : un moratoire sur les projets d’urbanisme ne répondant pas aux besoins en logement ou menaçant les zones naturelles sensibles.

La dimension démocratique est également au cœur de leur démarche. Elles proposent la création d’un « référendum d’initiative citoyenne régionale, outil démocratique de souveraineté populaire sur les grands projets », ainsi que le déploiement d’une plateforme numérique inspirée des modèles norvégiens et estoniens pour « impliquer activement la population dans les décisions territoriales ».

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Face à un réchauffement climatique anticipé de +2,6 °C à La Réunion, les associations jugent indispensable de réinventer le projet collectif réunionnais. Elles appellent à le bâtir sur des piliers comme « la justice sociale, la souveraineté alimentaire et la résilience écologique », tout en mettant « la démocratie participative au centre des prises d’orientations ». Enfin, elles affirment leur volonté d’agir en partenariat avec les institutions : « Nous nous tenons prêts à engager un travail partenarial constructif avec les institutions régionales pour co-construire un avenir respectueux des droits humains, de la culture locale et des équilibres naturels ».

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