Alcool : un impact sanitaire toujours lourd malgré une consommation modérée

À La Réunion, 13,4 % des adultes dépassent les repères de consommation à moindre risque sur une semaine, soit l’une des proportions les plus faibles de France. Mais les quantités consommées et les conséquences sur la santé restent plus lourdes qu’en Hexagone.
Sur le papier, l’île fait plutôt figure de bonne élève. En 2024, 37 % des Réunionnais de 18 à 79 ans déclarent avoir bu de l’alcool au cours des sept derniers jours. Parmi eux, 13,4 % dépassent les repères de consommation à moindre risque – ne pas dépasser dix verres par semaine, deux verres par jour et prévoir des jours sans alcool – dont 20,4 % des hommes et 7,2 % des femmes. « Cette proportion n’est pas significativement différente des autres régions et s’inscrit dans un contexte général de relative homogénéité géographique », relève le Baromètre de Santé publique France, tout en situant La Réunion parmi les niveaux les plus bas.
« À La Réunion, 32% des adultes déclarent avoir envie de réduire leur consommation »
Les dépassements concernent davantage les 30-44 ans (17,3 %) et progressent avec le niveau d’étude : 11,6 % chez les personnes sans diplôme ou en dessous du bac, 14,7 % au niveau bac et 18 % chez les diplômés du supérieur. Même tendance pour les catégories socio-professionnelles : 19,4 % des agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprise, 17,1 % des professions intermédiaires et 17,6 % des ouvriers dépassent les repères, contre 10,5 % des employés. Les écarts selon la situation financière sont moins tranchés, mais l’alcool reste très présent chez ceux qui se déclarent « à l’aise » (21,5 % au-delà des repères).
Double paradoxe
En parallèle, le désir de réduire sa consommation est particulièrement fort sur l’île. « À La Réunion, 32 % des adultes déclarent avoir envie de réduire leur consommation (26,6 % des adultes ne dépassant pas les repères et 41,3 % de ceux les dépassant), proportion beaucoup plus élevée que ce qui est observé dans le reste de la France », souligne le baromètre. Les hommes sont plus nombreux à exprimer cette envie (36,1 %) que les femmes (26,2 %), avec un pic chez les 30-44 ans.
Reste que, derrière ces chiffres apparemment favorables, l’alcool fait plus de ravages qu’en Hexagone. Santé publique France rappelle qu’« à La Réunion, la morbidité et la mortalité liée à la consommation excessive de l’alcool sont supérieures à celles observées en France hexagonale » et évoque un « double paradoxe : moins de consommateurs mais des quantités ingérées plus importantes et, plus de conséquences sur la santé ». L’enjeu, pour les acteurs de terrain, est de mieux repérer ces consommations à risque et d’« inciter et accompagner » les personnes concernées afin de limiter les dégâts sanitaires et sociaux.
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