À La Réunion, une santé perçue parmi les plus mauvaises de France

Selon le Baromètre de Santé publique France 2024, seuls 56,2 % des adultes réunionnais déclarent une « très bonne » ou « bonne » santé, contre 68 % au niveau national, et plus d’un quart se disent limités dans leurs activités quotidiennes.
La photographie n’est pas flatteuse pour La Réunion. Dans son Baromètre 2024, Santé publique France rappelle que « la santé perçue à La Réunion figure parmi les moins favorables comparée aux régions de la France hexagonale et autres régions d’outre-mer, révélant des besoins importants en prévention et en promotion de la santé ».
Sur l’île, 56,2 % des adultes de 18 à 79 ans disent avoir une santé « très bonne » ou « bonne », contre 68 % en moyenne au niveau national. À l’inverse, 27 % déclarent être limités ou fortement limités dans leurs activités quotidiennes depuis au moins six mois, une proportion légèrement supérieure au reste du pays.
Des écarts très marqués selon l’âge et la situation sociale
Derrière ces chiffres globaux se cachent des écarts très marqués selon l’âge et la situation sociale. Sans surprise, les plus jeunes se disent en meilleure santé que leurs aînés : 76 % des 18-29 ans jugent leur état « très bon » ou « bon », contre seulement 28 % des 70-79 ans. Le rapport décrit un « gradient décroissant » de santé perçue des plus jeunes vers les plus âgés, qui se retrouve à l’identique pour les limitations d’activité, mais en sens inverse : 11,8 % des 18-29 ans se déclarent limités, contre 42,5 % chez les 70-79 ans.
Le niveau d’étude et les revenus pèsent lourd. Parmi les personnes diplômées au-delà du bac, 68,4 % estiment être en très bonne ou bonne santé, contre 49,3 % pour celles qui n’ont pas le bac ou aucun diplôme. Même logique pour la situation financière : 76,3 % des personnes qui se disent « à l’aise » jugent leur santé bonne, contre 41,9 % chez celles pour qui « c’est difficile » ou qui se déclarent endettées. Ces dernières sont aussi les plus nombreuses à se dire limitées dans leurs activités (37,1 %, contre 15,3 % chez les plus aisées).
Les écarts se retrouvent dans le monde du travail. Les « cadres et professions intellectuelles supérieures » présentent la proportion de santé perçue très bonne ou bonne la plus élevée (64 %), alors que les employés et ouvriers ferment la marche (52,1 % chacun). Le baromètre souligne que « les hommes, les plus jeunes et les catégories socialement favorisées déclarent une meilleure santé perçue et moins de limitations dans leurs activités que les femmes, les plus âgés et les moins favorisés ».
Une réalité déjà observée au niveau national, mais qui, à La Réunion, s’inscrit dans un contexte où l’état de santé ressenti est déjà en retrait par rapport à l’Hexagone.


