Airbags Takata : Karine Lebon demande une enquête parlementaire

La députée de La Réunion Karine Lebon a présenté une proposition de résolution visant à la création d'une commission d'enquête relative aux airbags défectueux de la marque Takata, en insistant sur la situation particulière des automobilistes des Outre-mer.
Après avoir déjà interpellé le ministre des Transports Philippe Tabarot sur le dossier brûlant des airbags Takata, ces airbags défectueux dont l'explosion inopinée peut se révéler mortelle pour les conducteurs, Karine Lebon alerte sur la situation particulière de nombreux automobilistes des Outre-mer, qui ne bénéficient pas des mêmes conditions de rappel de leurs véhicules que dans l'Hexagone.
La députée de La Réunion et son homologue de la Guadeloupe Max Mathiasin ont présenté une proposition de résolution « tendant à la création d'une commission d'enquête relative aux airbags défectueux de la marque Takata ». Parmi les autres signataires figurent les députés réunionnais Philippe Naillet et Perceval Gaillard, mais aussi Dominique Voynet ou Sandrine Rousseau.
Lire aussi : Airbags Takata : la liste des véhicules concernés
« Le scandale des airbags Takata, qui s’est étendu sur plusieurs décennies et a conduit à des rappels de véhicules sans précédent dans l’histoire de l’industrie automobile, est trop longtemps resté dans l’ombre. En France, et plus particulièrement dans nos territoires d’Outre mer, des milliers de citoyens continuent de circuler avec des véhicules potentiellement dangereux, mettant en péril leur vie et celle de leurs proches », écrivent ainsi les députés.
« L’humidité et les températures élevées accélèrent la dégradation des airbags Takata »
Karine Lebon et ses collègues de l'Assemblée nationale relèvent ainsi « la situation alarmante des territoires ultramarins » qui concentrent 17 des 18 personnes dont on est certain qu'elles ont perdu la vie en France à cause d'un airbag Takata.
« L’humidité et les températures élevées accélèrent la dégradation du propergol contenu dans les airbags Takata, augmentant le risque d’explosion. De plus, dans les Outre mer, l’entretien des véhicules repose souvent sur un réseau plus restreint de concessionnaires et d’ateliers agréés, ce qui ralentit considérablement les rappels.
De nombreux propriétaires de véhicules ignorent que leur airbag est défectueux faute d’informations suffisantes, et même lorsqu’ils le savent, les délais pour obtenir un remplacement peuvent être extrêmement longs.
Les véhicules envoyés en Outre mer sont souvent d’anciens modèles importés d’Europe ou d’Asie, augmentant la probabilité que certains d’entre eux soient équipés d’airbags Takata non remplacés.
Cette situation crée une double inégalité : les Ultramarins se retrouvent avec des véhicules plus dangereux tout en étant confrontés à un climat qui aggrave la dégradation de ces airbags. »
Pour Karine Lebon, les députés doivent donc pouvoir enquêter sur les « dysfonctionnements » affectant les rappels des véhicules concernés, notamment en Outre-mer, afin de pouvoir proposer des mesures coercitives à l'encontre des constructeurs qui ne mettraient pas tout en œuvre pour débarrasser leurs voitures des airbags Takata.


