Airbag Takata : Karine Lebon interpelle le ministre des Transports

À l'Assemblée Nationale, Karine Lebon, député de la 2ᵉ circonscriptions de la Réunion, a interpellé l'actuel ministre des Transports, Philippe Tabarot, sur la question des airbags Takata.
Face au scandale des airbags Takata, qui continue de faire des victimes en France, la députée de la 2ᵉ circonscription de la Réunion, Karine Lebon, a interpellé l'actuel ministre des Transports, Philippe Tabarot, sur le sujet.
Son intervention à l'Assemblée Nationale :
Comment ce qui est censé vous protéger peut-il en réalité vous tuer ?
Les victimes du scandale industriel des airbags Takata et leurs familles attendent la réponse à cette question.
Des vies brisées, des visages déchiquetés. Telle est la réalité des conséquences de l’explosion de ces airbags meurtriers.
Depuis 10 ans, les constructeurs savaient, mais rien n’a été fait. La frilosité de l’État face à l’urgence de prendre des mesures fortes n’a fait que contribuer à l’inaction des industriels automobiles.
Il aura fallu attendre au moins 17 morts, dont 16 dans les Outre-mer, pour que des injonctions soient prises. Il aura fallu attendre la mise en lumière médiatique de l’inaction des autorités pour que des listes de véhicules soient enfin réclamées aux constructeurs.
Le dispositif de stop-drive, qui prend de l'ampleur ces derniers jours, est une première étape. Mais aucune interdiction de circuler ne pourra être effective tant que l’État ne contraindra pas les constructeurs à prendre intégralement en charge les substitutions temporaires de véhicules et les modes de déplacement alternatifs.
À La Réunion, 10 % du parc automobile roulant est concerné par la campagne de rappel, soit près de 35 000 véhicules. L’absence de stock allonge le délai d’attente à quatre mois. Quatre longs mois durant lesquels les Réunionnais n’auront d’autre choix que de se mettre en danger pour continuer de se déplacer. La stratégie de responsabilisation individuelle a ses limites.
Vous l’avez vous-même dit : « Plus jamais ça ». Mais, Monsieur le Ministre, les paroles meurent, seuls les actes demeurent.
Nous allons donc vous aider. La campagne de rappel a connu des dysfonctionnements qu’il est de notre devoir de soulever. Ce sera l’objet de la commission d’enquête parlementaire que nous souhaitons créer, et j’invite mes collègues à nous rejoindre dans cette démarche.
Nous devons collectivement tout mettre en œuvre pour qu’un tel scandale industriel ne se reproduise pas.
Monsieur le Ministre, au nom des victimes, au nom de tous les automobilistes en danger de mort, quelles injonctions supplémentaires et quelles sanctions allez-vous prendre à l’égard de ces industriels ?
Des rappels massifs
Hier, le ministre des Transports était l'invité de nos confrères de BFMTV. Interrogé sur la question des airbags Takata, dont le scandale ne cesse d'enfler, Philippe Tabarot rétorque vouloir créer "une mission d’inspection afin de savoir jusqu’où l'État peut aller pour contraindre les constructeurs sur ces sujets".
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À La Réunion, ce sont 35 000 automobilistes alertés par l'État pour le rappel de leur véhicule. Depuis 2020, on dénombre deux victimes et trois blessés graves.
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