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Air Mauritius agite la menace chinoise en espérant une aide financière de l'Inde

Ecrit par T.L. – le lundi 9 juin 2025 à 15H49
Photo d'illustration

Exsangue en raison de ses pertes cumulées de 317 millions d'euros, la compagnie Air Mauritius affronte une fronde syndicale causée par des retards de paiement de salaires. Le Premier ministre Navin Rangoolam a demandé au gouvernement indien de lui trouver des investisseurs, en arguant de la situation géopolitique stratégique de Maurice.

Le 2 juin dernier, Air India et Air Mauritius ont annoncé par voie de communiqué un accord de partage de codes « pour améliorer la connectivité entre le sous-continent indien et la région africaine ». Comme l'a rapporté Le Défi Média, ce partenariat porte sur un « total de 17 liaisons couvrant l’Inde, Maurice, La Réunion, l’Afrique du Sud et Madagascar ».

L'officialisation de ce codeshare (une pratique qui permet de commercialiser des vols qui ne sont pas opérés par sa propre compagnie) survient quelques jours après la prolongation d'un accord identique avec Emirates Airlines, en vigueur celui-là depuis 2003. Sans doute pas de quoi redonner le sourire aux salariés de la compagnie, qui se plaignent via leurs syndicats de salaires non versés, selon les informations du Mauricien de ce lundi 9 juin.

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Il faut dire qu'Air Mauritius a accumulé 317 millions de pertes et s'est séparé de la plupart de ses appareils. Après dix années d'une gestion calamiteuse dont les précédents gouvernements ne peuvent être exonérés, la compagnie reste soutenue à bout de bras par les aides de l'État.

De retour aux affaires, le Premier ministre Navin Rangoolam lorgne désormais vers un soutien extérieur, celui de son homologue Narandra Modi, pour tenter de sauver l'entreprise, dont la disparition signifierait une crise systémique dans le secteur touristique de l'île Sœur. Selon le Firstpost, le gouvernement indien a encouragé les compagnies du pays à investir dans Air Mauritius, faisant suite à une demande d'aide des autorités mauriciennes auprès du ministre des Affaires étrangères.

Guerre d'influence entre l'Inde et la Chine

Comme le souligne The Economic Times of India, Air Mauritius n'est plus en mesure de tenir la cadence sur ses rotations avec l'Inde et a réduit la fréquence à un vol par semaine. Le quotidien indien observe que les compagnies nationales ne semblent guère manifester d'entrain à investir sur la destination mauricienne. Mais le média laisse aussi entendre que le fait que l'archipel constitue, pour l'Inde, un enjeu naval stratégique majeur et central pour la surveillance militaire dans l'océan Indien, pourrait inciter le gouvernement Modi à pousser ses pions dans le capital d'Air Mauritius.

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Navin Ramgoolam le sait mieux que quiconque et il y a fort à à parier qu'il a su en jouer auprès de la grande puissance amie de Maurice, laquelle, grâce à la base militaire de l'île d'Agaléga, peut par exemple se projeter rapidement dans le canal du Mozambique, où elle possède notamment 30% des parts du projet Mozambique LNG opéré par TotalEnergies.

La rivalité culturelle, économique et militaire entre l'Inde et la Chine s'exerce aussi sur l'archipel de Maurice, par guerre d'influence interposée. « La compétition géopolitique dans la région s'est intensifiée. La Chine possède une base militaire à Djibouti [comme la France, le Japon ou encore les Etats-Unis, Ndlr] et a étendu ses engagements et sa présence à Maurice et dans d'autres îles », relève ainsi un spécialiste cité par The Economic Times.

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