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Agressions : ces hommes qui s'attaquent à des femmes chez elles

Lundi 23 septembre, le tribunal judiciaire de Saint-Pierre a jugé plusieurs affaires en comparution immédiate. Trois d'entre elles concernaient des femmes agressées à leur domicile par des hommes dans des contextes bien différents.
Ecrit par G.D. – le vendredi 27 septembre 2024 à 06H31

Le voisin terrorise la famille

Le premier dossier concerne Dominique, qui a fait vivre un calvaire à Lydie* et à ses trois enfants. Alors que leur relation de voisinage était bonne au début, tout s'est dégradé ces derniers mois. L'homme de 35 ans ne cesse de rentrer en conflit avec sa voisine depuis qu'ils ont eu une très courte relation et depuis la perte de son frère.

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Le 20 septembre, il revient alcoolisé d'un apéro, bien qu'il soit à peine 14 h. Il s'en prend alors à Lydie et à son fils de 19 ans, les menaçant avec deux couteaux et son chien, le tout devant le petit garçon de 4 ans. Loin de montrer des remords, il ne cesse de les traiter "d'inutiles" ou "d'inférieurs" à la barre. Une supériorité morale qu'il a dû acquérir avec ses 17 condamnations précédentes, mais qu'il refuse que les magistrats évoquent car "c'est le passé".

Me Émilie Briard, représentant la partie civile, souligne qu'il se considère comme la victime, tandis que le procureur ne détecte "aucune once de regret" chez le prévenu. Pour sa défense, Me Youssef Ben Slamia rappelle que son comportement s'est dégradé depuis un décès dans sa famille.

Il est finalement condamné à 8 mois de prison, dont 4 mois assortis d'un sursis probatoire de 2 ans. Il est interdit de contacter les victimes et de paraître dans la résidence à sa sortie de détention.

Il s'introduit chez des femmes pour s'exhiber

Nicolas, pour sa part, avait demandé un huis clos pour son procès, car il avait "honte" de ses actes. Une demande catégoriquement refusée par le procureur, qui souhaite que le prévenu assume ses actes. Et pour cause, Nicolas n'était pas gêné de s'introduire chez des femmes pour s'exhiber nu.

Le 20 septembre dernier, l'homme de 38 ans se rend dans la résidence où il vivait il y a quelques années. Prétextant vouloir une cigarette, il engage la conversation avec une habitante sur sa terrasse. Peu à peu, il s'impose chez elle avant de se dénuder. L'habitante parvient à appeler la police, qui l'interpelle. À ce moment-là, une autre habitante arrive et indique qu'il s'était également introduit chez elle.

Au tribunal, Nicolas affiche une mémoire plus que sélective. Il affirme avoir été drogué à son insu par des amis et ne se souvient plus des raisons qui l'ont poussé à se comporter ainsi. Cependant, il se souvient parfaitement des conversations avec les victimes lorsqu'il s'agit de les contester.

Pour le procureur, les faits sont inquiétants et "on était proche d'une agression sexuelle". Il requiert une peine de 18 mois de prison, dont 6 avec sursis. Les juges se montrent plus cléments en le condamnant à 6 mois de prison ferme avec maintien en détention.

Violences et chantage au suicide après deux mois de relation

Anthony, quant à lui, est convaincu que Julie* le trompe, car elle vient de changer le code de déverrouillage de son téléphone. S'ensuit alors une scène digne d'Hollywood. Le 20 septembre au soir, il s'impose chez elle, l'enferme dans la chambre, met le feu au rideau et dégrade plusieurs meubles. Il se ravise, éteint les flammes, mais tente ensuite de se pendre avec le câble de l'aspirateur.

Aux premières heures du jour, Julie parvient à quitter la maison pour se rendre à la gendarmerie du Tampon. Sachant où elle se rend, Anthony l'attend et tente de se jeter sous ses roues lorsqu'elle arrive. Une scène improbable qui a été filmée par les caméras de surveillance de la ville.

Heureusement que la scène a été enregistrée, car Anthony voulait faire croire à une tentative de meurtre. Il prétend même que c'est elle qui a mis le feu à l'appartement. L'homme de 30 ans ne cesse de se faire passer pour la victime des femmes qu'il rencontre, qui lui "montrent un faux visage" et veulent "le faire tomber en raison de son passé".

L'expertise psychiatrique révèle une dangerosité avérée chez le prévenu. Le procureur pensait même qu'il serait interné et que l'expert le déclarerait inapte à être jugé. Bien que le tribunal reconnaisse l'abolition du discernement au moment des faits, il est tout de même condamné à 12 mois de prison ferme.

*Prénoms d'emprunt

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