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Accident mortel à Sainte-Anne : un nourrisson tué, deux adultes jugés

Ecrit par L.C. – le mardi 17 juin 2025 à 16H51

Ce mardi 17 juin, la cour correctionnelle de Champ-Fleuri s’est penchée sur l’accident mortel ayant coûté la vie à un nourrisson à Sainte-Anne, le 1er mars 2023. Comparaissant libres, le conducteur, qui était aussi beau-père du nourrisson, et la propriétaire du véhicule, ont été jugés pour homicide involontaire.

L’accident a fait un mort et laissé de graves séquelles. Pour rappel, le 1er mars 2023, les secours interviennent à Sainte-Anne sur une portion de route qualifiée d’accidentogène. Gisant au fond de la Ravine Sèche, une voiture venait d'éventrer les barrières de sécurité bordant la chaussée. À bord du véhicule se trouvaient trois personnes : un homme - beau-père du nourrisson -, sa compagne - mineure au moment des faits - et donc l'enfant.

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Très vite, les rescapés sont pris en charge. L’homme est extirpé du véhicule. Sa compagne réussit à sortir par ses propres moyens. Le nourrisson, lui, ne survit pas. Selon un témoin, le conducteur du véhicule accidenté avait effectué un dépassement à pleine vitesse avant de perdre le contrôle et de percuter la barrière.

Ce même témoin a estimé la vitesse de la voiture à 110 km/h, supérieure à la limitation de 70 km/h sur cette portion de route.

Le conducteur était sous l’empire d’un état alcoolique

Le conducteur présentait un taux d’alcoolémie de 2,53 grammes. Peu avant l’accident, le couple sortait d’un pique-nique organisé pour l’anniversaire d’un ami.

Lors de sa première audition, la propriétaire du véhicule a reconnu lui avoir prêté la voiture tout en sachant qu’il avait bu et ne possédait pas de permis. La mère du nourrisson, quant à elle, a dans un premier temps nié que le conducteur avait bu ou roulé vite. Elle avait incriminé un scooter qui aurait forcé son compagnon à faire une embardée pour les éviter.

La question de savoir si le nourrisson était attaché ou non s’est posée. L’expertise révèle que oui mais un nœud pratiqué sur le harnais aurait compromis la sécurité de l’enfant. Au cours d'une autre audience, la mère, mineure au moment des faits, avait été relaxée par le tribunal pour enfants.

Le beau-père, lui, est frappé d’amnésie médicalement constatée. Il n’a donc aucun souvenir de cette période. Il est par ailleurs devenu handicapé suite à l’accident.

« C’est un comportement criminel »

Le père et la mère du nourrisson - qui se sont tous deux constitués parties civiles dans ce dossier, n’ont pas demandé d’indemnisation mais souhaitaient être reconnus comme victimes, pour la mémoire de leur petite fille.

Le procureur a évoqué un « comportement criminel » de la part des deux prévenus : le conducteur tout d'abord, pour avoir bu outre mesure du whisky et roulé dangereusement ; et de la part de la propriétaire ensuite, pour lui avoir prêté le véhicule en pleine connaissance de son état et d’absence de permis. Le procureur et le président de la cour ont par ailleurs fustigé l’absence de la prévenue à l’audience.

Il a requis quatre ans de prison à l’encontre du conducteur dont trois avec sursis probatoire et un aménagement sous forme de bracelet électronique.

Contre la propriétaire de la Peugeot, deux ans, dont la moitié avec sursis, ont été requis.

Son conseil s’est interrogé sur la responsabilité de sa cliente. Oui, elle a prêté son véhicule, mais elle ne peut, selon lui, être tenue responsable de l’homicide involontaire.

L’avocat du conducteur a évoqué l’état de santé de son client, désormais obligé de se déplacer avec une canne. Conscient de la gravité des faits, ce dernier reconnaît sa responsabilité mais déplore les réquisitions du ministère public.

Le tribunal rendra sa décision le 4 juillet.

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