Accident de Jean-Hugues Ratenon : Le député a vu la "lumière blanche"

Le député Jean-Hugues Ratenon est passé maître dans l’art du suspense. C’est lors d’une conférence de presse relayée sur sa page Facebook ce dimanche qu’il s’exprime. Plus d’une semaine après son accident devenu sujet à polémiques, le parlementaire livre enfin sa version.
Rappelons que son véhicule était arrêté, tous feux éteints, sur la voie de droite de la RN2 à Sainte-Suzanne et a été percuté par la voiture d’une conductrice dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24 août.
Pour avoir refusé de se soumettre aux tests de dépistage d'alcoolémie et de stupéfiants, le député « insoumis » est convoqué en janvier 2025 devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Son permis lui a été retiré pour une durée de 9 mois.
Jeudi dernier, toujours sur sa page Facebook, le député de la 5ème circonscription a réagi à la publication des révélations dans le Canard enchaîné. Le député s’était dit « scandalisé par les pseudo informations parues » et sur le fait qu’il aurait mis en avant son immunité parlementaire. Jean-Hugues Ratenon avait indiqué qu’il avait eu un malaise sur la quatre voies ce soir-là, raison pour laquelle son véhicule était arrêté.
Ce dimanche, il détaille cette même version en parlant même de "boule blanche avec beaucoup de lumière" lorsqu'il a eu son malaise. Toute la journée avant ce fameux accident, le député raconte qu'il ne se sentait pas bien et qu'il l'a fait savoir autour de lui.
Le trou noir jusqu'à l'hôpital
Ce vendredi matin 23 août, très tôt il passe un coup de fil à son collaborateur Jérémy Vidot pour dire qu’il ne sent pas bien. A 11h30, il se rend à son rendez-vous au CHU pour un examen. "Pendant l’examen, je ne me sens pas bien et je dirais même que c’est une sorte de crise d’angoisse", explique-t-il. Puis il rentre à Bras Panon chez sa mère où il rejoint aussi sa compagne à qui il dit qu’il ne se sent "pas très bien". Cette dernière confirme à ses côtés ce dimanche lors de ce point presse.
Il reste chez sa mère jusqu’à 13h45 environ. "J’avais des médicaments avec moi. Ce sont des plaquettes que l’on retrouve dans mon véhicule, si les gendarmes ont pris la peine de constater... Mais quand je prends ces médicaments vers 13h30, je les prends en double dose. Des médicaments pour l’hypertension que j’ai déjà pris le matin, et normalement ces médicaments on en prend qu’une dose."
A 14 heures il se rend à la banque, à Bras Panon même, pour effectuer un virement et ainsi boucler ses comptes de campagne. Il enchaîne avec des rendez-vous de terrain ainsi qu’un coup de fil au préfet suite à la survenue du décès d’un Réunionnais à Madagascar. Il prend ensuite la route pour un autre rendez-vous durant lequel il gère plusieurs dossiers à la fois ainsi que des sollicitations médiatiques.
"Me sentant pas bien, je prends la route direction Saint-Denis, le CHU, car ça va pas ! J'ai des sensations de froideur au niveau des pieds et ça monte. Et au moment où les douleurs apparaissent au niveau du bas ventre, je me dis que je dois m'arrêter et puis boom il n'y a plus rien. Et j’entends une voix : 'monsieur Ratenon est-ce que ça va ?' (ndlr : il parle de la conductrice) Une voix douce et apaisante qui me ramène là où j’étais. J’étais dans une boule blanche avec beaucoup de lumière, rien d’autre et j’entends la voix de cette dame, à un moment donné plus rien. Que des flash comme ça. Un coup c’est blanc, un coup c’est noir ! ». Après je vois des blouses blanches devant moi, c’est le personnel médical. A ce moment-là l’accident n’existe pas pour moi, les pompiers n’existent pas, les gendarmes n’existent pas. Est-ce que j’étais conscient, inconscient, semi-conscient je ne sais pas !", raconte-t-il avec minutie ce qu'il a vécu.
L'électrocardiogramme ne fait ressortir aucun signe de malaise cardiaque ou d'AVC et le patient Ratenon peut dès lors quitter l'hôpital. C'est un fidèle soutien surnommé "Capi" qui vient le récupérer. "Je sors mais je suis dans le hall, je ne comprends plus rien. Où est-ce que je suis je ne sais pas ! Je prends mon téléphone et j’appelle Capi. Je me retourne et je le vois. Je lui dit 'allons je veux rentrer chez moi". Au moment où je le vois je prends confiance et commence à redevenir conscient de la situation, mais toujours pas de l'accident", raconte-t-il.
Accident de Jean-Hugues Ratenon : Le député parle de machination


