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À Saint-Leu, le nombre de chiens tués par balles se multiplie

Vendredi 21 juin, une habitante de la commune a retrouvé son chien tué par une balle. Un acte de cruauté qui est kloin d'être isolé dans la commune puisque ce sont pas moins de quatre chiens domestiques qui ont subi le même sort, sans que l'on puisse connaître le nombre de chiens errants qui ont été abattus. Un phénomène qui pose la question du nombre de personnes armées à la gâchette facile.

Ecrit par G.D. / L.G. – le dimanche 30 juin 2024 à 16H10
Vakita et Moka sont morts après avoir été tués par balles. (photo : Pattes en cavale 974)

Jeudi 20 juin, Aurore* constate que sa chienne Vatika n’est pas rentrée, à l’inverse du chien de son père avec qui elle passe ses journées. L’habitante de la Fontaine Saint-Leu se met à la recherche de sa chienne et va poser la question à son voisin qu’elle croise. Celui-ci lui dit juste qu’il l’a fait fuir, car elle courait après les pintades.

Le lendemain, en allant couper des herbes pour ses cabris, elle découvre sa chienne morte dans les herbes. L’animal a un trou circulaire au niveau des poumons d’où s’écoule du sang, ainsi que de son nez et de sa bouche. Elle contacte la gendarmerie, qui alerte le TCO pour venir récupérer le corps. Les agents arrivent le lendemain et lui indiquent qu’aucun vétérinaire ne va autopsier le chien durant le week-end. Elle est contactée par la clinique vétérinaire dans la semaine qui lui confirme que Vatika a bien été tuée par balle. Aurore est donc allée déposer plainte.

Pour Aurore et sa famille, nul doute que son voisin est l’auteur des faits. Elle avait d’ailleurs constaté des traces de sang devant chez lui le jour de la disparition, mais s’était dit qu’il s’agissait du sang de coqs qui s’étaient battus. Depuis, elle a réalisé qu’un chien errant dans le quartier avait également disparu.

« C’était mon premier chien à moi. Elle venait d’être stérilisée trois semaines avant », s’émeut-elle. Malgré la peine, à l’occasion d’un pique-nique familial, elle va recueillir un chiot abandonné dans la forêt de L’Étang-Salé.

Plusieurs cas recensés en un an

Ce chien tué par balle est loin d’être un cas isolé dans la commune. En avril dernier, Jasper est retrouvé blessé à l’arrière-train. Déposé chez un vétérinaire, ce dernier va constater que le chien s’est fait tirer dessus. Il décède quelques jours plus tard d’une septicémie.

En mars dernier, un employé municipal de Saint-Leu était condamné pour avoir tiré sur un chien qu’il accusait d’attaquer ses chats. Une défense qui aurait pu être entendable si l’homme n’était pas connu pour avoir la menace facile sur les humains.

Il y a un an, c’est Delphine qui vivait cette douloureuse expérience. Ce jour-là, sa colocataire est partie faire un trail avec son chien Moka. Une demi-heure plus tard, elle reçoit un appel de sa colocataire en pleurs qui lui annonce que son chien vient de se faire tirer dessus. L’auteur du coup de feu est un octogénaire qui avait déjà tiré sur un autre chien quelque temps plus tôt. Celui-ci laissait ses poules en liberté sur le sentier et tirait à coup de chevrotine sur les chiens qui passaient. L’auteur du coup de feu est décédé peu avant son procès.

Le traumatisme est bien présent pour Delphine qui a mis plusieurs mois à se remettre de la disparition violente de son chien. Pendant longtemps, elle était partagée entre la haine pour le tireur et une forme de compréhension. « S’il aimait ses poules comme j’aimais mon chien, je pouvais comprendre sa réaction. Puis, je me dis que quand on aime ses poules, on les protège et on fait en sorte qu’elles ne soient pas en liberté sur un sentier où peuvent roder des prédateurs », souligne-t-elle.

« C’est un serpent qui se mord la queue »

Ce qui l’inquiète, c’est de se dire que « des gens hyper-dangereux ont des armes et la gâchette facile. Il faut que la justice s’assure qu’ils aient le droit d’avoir des armes, surtout quand ils ont la gâchette facile. À la limite, tant mieux que ce soit sur des animaux, mais on peut craindre que ce soit des humains un jour », prévient-elle.

Pour Aurore et Delphine, ce comportement cruel envers les animaux est surtout générationnel. Les auteurs sont souvent des seniors pour qui la place du chien dans la société est l’égal d’un meuble.

« Je reste persuadée que si la protection animale était bien mieux gérée à plus grande échelle, on éviterait aussi ces tristes faits divers. Il y a trop d’errance et de divagation animale, trop d’abandons, trop peu d’identification et de stérilisation. C’est un serpent qui se mord la queue : les propriétaires de poules voient leurs poules tuées par des chiens errants, donc ils finissent par tuer les chiens qui passent. S’ils n’ont pas de maîtres, tout le monde s’en fiche et personne n’en entend parler. Mais si ces chiens avaient une famille, ça touche davantage », analyse Delphine.

Un problème bien plus large qu’il n’y paraît et qui pourrait déboucher à terme sur un drame bien plus grave.

En attendant, vous pouvez signaler tout cas de maltraitance animale au 3677.

*Prénom d’emprunt

Maltraitances animales : Contactez le 3677

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