À près de 4 g/l, il roue de coups son dalon hémiplégique

En début de soirée, Gérald S. est gentiment prié par son dalon qui est fatigué de rentrer chez lui. Gérald le prend mal et se déchaine sur son dalon. C'est un voisin, alerté par les hurlements, qui fort heureusement appelle la police. Coups de poing et coups de pied au visage, tout y passe. Lorsque les policiers arrivent, ils sont choqués par ce qu'ils voient : un homme au sol gisant dans une marre de sang avec de multiples plaies à la tête. "C'était un vrai carnage, une boucherie", rapporte le président d'audience.
L'agresseur, resté sur les lieux, est tellement alcoolisé qu'il lui est incapable de souffler dans l'éthylotest. Il est testé à 2,18 g/l d'alcool dans le sang 7 heures après les faits. Le président estime qu'à raison de 0,3 g/l évacués par heure, qu'il était entre 3,60 et 4,28 g/l au moment des faits. "Comment vous faites pour être encore conscient à ce taux d'alcool, c'est incroyable", tance d'ailleurs le magistrat.
Le prévenu ne s'est d'ailleurs pas gêné pour menacer les pompiers et les insulter. "On a bu ensemble de l'alcool et puis il s'est mis à m'insulter et me rabaisser. J'ai pris la colère puis je lui ai porté 2 coups de poing au visage. Il s'est cogné la tête en tombant à terre", explique le prévenu au tribunal alors qu'il comparait en état de récidive.
"Il s'en prend à une victime hémiplégique et malvoyante. Il est à la dérive depuis qu'il n'est plus sous suivi. À 46 ans, il est temps de cesser les infractions", fustige le parquet qui requiert une peine de 24 mois de prison dont 6 mois de sursis probatoire et le maintien en détention.
"C'est vrai que c'est un véritable carnage quand on voit les photos", reconnait la défense. "S'il a bu plus que de raison, c'est à cause de sa solitude le jour de la Saint-Valentin. Il reconnait deux coups de poing mais ne se souvient plus du reste", ajoute la robe noire. Alors que le tribunal suit les réquisitions du parquet, le prévenu, en guise de dernier mot, lance aux magistrats : "Je regrette mais c'est une peine exagérée".


