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À Mayotte, la détresse est aussi psychologique après Chido

Ecrit par J.D – le samedi 4 janvier 2025 à 16H05

Le passage du cyclone tropical intense Chido le 14 décembre a laissé des traces indélébiles sur l’île de Mayotte. Entre destructions matérielles et détresse psychologique, les conséquences humaines et sanitaires révèlent une situation bien préoccupante.

Le cyclone Chido, qui a frappé Mayotte le 14 décembre 2024, a provoqué des destructions majeures, touchant infrastructures, habitations et réseaux essentiels. Mais au-delà des chiffres des blessés ou des décès, une autre réalité inquiète les autorités : l’impact psychologique profond sur la population.

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Selon les premières évaluations issues des maraudes communautaires menées à Tsingoni, près de la moitié des foyers interrogés (48 %) ont signalé des troubles psychologiques tels que le stress, la peur ou une profonde détresse, "des états exacerbés par les conséquences du cyclone avec près de la moitié des foyers enquêtés déclarant au moins une personne atteinte d’un trouble psychologique", d’après le tout premier bulletin de Santé publique France consacré exclusivement à Mayotte. Ces états touchent particulièrement les enfants, avec un foyer sur cinq mentionnant un cas dans cette tranche d’âge.

Les problèmes d’accès aux soins, accentués par les routes endommagées et le manque de taxis, retardent l’accompagnement des populations vulnérables. L’établissement de l’hôpital de campagne ESCRIM, le 24 décembre, a permis de répondre en partie à l’urgence médicale, mais la gestion des conséquences émotionnelles reste un défi majeur.

La leptospirose et choléra menacent, les passages aux urgences explosent

Le cyclone a également amplifié des épidémies préexistantes. Entre le 23 et le 29 décembre, le taux de positivé des infections à rotavirus a bondi à 80 %, touchant principalement les enfants de moins de 2 ans, tandis que 28 cas de grippe biologiquement confirmés ont été signalés cette semaine-là. L’épidémie de bronchiolite, qui affecte surtout les nourrissons de moins de 6 mois, reste en cours avec des chiffres similaires à ceux observés l’an dernier. Par ailleurs, les maladies hydriques comme la leptospirose ou le choléra menacent en raison de la consommation d’eau brute.

Les centres médicaux ont relevé une nette augmentation des consultations pour diarrhées, douleurs abdominales et infections cutanées, tandis que le CHM a enregistré 1.440 passages aux urgences entre le 21 et le 29 décembre. "Cette situation
montre une nette augmentation par rapport à la période pré-cyclonique au cours de laquelle entre 100 et 150 passages aux urgences étaient enregistrés quotidiennement."

"Les plaies et traumatismes étaient les principaux motifs de recours aux urgences du CHM", souligne le rapport, ajoutant que certains cas graves, comme des fasciites nécrosantes, ont nécessité des interventions chirurgicales lourdes. Même l'hôpital de campagne est surchargé. "1.170 patients ont été pris en charge en ambulatoire par l’ESCRIM, soit une moyenne d’environ 200 consultations par jour. Parmi ces 1 170 patients, 34 ont été hospitalisés et 18 ont été transférés au CHM." Pour rappel, la capacité journalière de cet hôpital est de 100 personnes.

À moyen terme, la priorité sera également de traiter les troubles psychologiques induits par le cyclone. Les associations et services de santé prévoient d’intensifier les actions de soutien psychologique, en particulier dans les zones les plus touchées.

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