À Manapany, le futur hôtel quatre étoiles sort de terre

Longtemps retardés par des difficultés de financement puis par la crise sanitaire, les travaux du Manapany Bay ont commencé à Saint-Joseph. Avec ses 36 chambres, son restaurant, sa piscine, son spa et ses jardins, l’établissement vise un classement quatre étoiles et entend compléter l’offre touristique du Grand Sud.
À Manapany, le projet, longtemps resté dans les tuyaux, devient peu à peu concret. Il a aussi dû composer avec les enjeux environnementaux d’un site qui abrite notamment le gecko vert de Manapany, espèce protégée, et avec les contestations qui ont accompagné son développement.
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Sur un terrain de 3,2 hectares, dont environ un hectare sera consacré à la partie hôtelière, le futur Manapany Bay commence à sortir de terre. L’établissement doit proposer 36 chambres réparties en plusieurs îlots intégrés au site, autour d’un bâtiment principal qui accueillera notamment un restaurant, une salle de séminaire, l’accueil et un spa oriental. Piscines, jardins, espace de jeux d’eau et circuit piéton d’environ un kilomètre doivent compléter l’ensemble.
Le projet, qui ambitionne de devenir le premier établissement hôtelier classé de Saint-Joseph, représente un investissement d’environ 13 millions d’euros. Il bénéficie de 1,6 million d’euros d’aides publiques, notamment européennes via le FEDER.
Un projet imaginé depuis plus d'une décennie
Le parcours du Manapany Bay a été semé d’embûches. Patrick Lebreton, maire de Saint-Joseph et président du Comité réunionnais du tourisme (CRT), fait remonter les premières ambitions à 2012, lorsqu’un appel à projets avait été lancé pour la création d’un hôtel et d’un restaurant d’application. Une première tentative qui n’avait pu aboutir, faute de financements.
Une nouvelle version, privée cette fois, voit le jour en 2018 autour de l’entrepreneur réunionnais Patrick Dijoux, avant que la crise sanitaire vienne à son tour ralentir le dossier.

Pour la municipalité, ce futur établissement doit "compléter l'offre touristique que l'on avait, qui s'est faite plutôt autour d'hébergements comme les tables d'hôtes et les gîtes, et surtout dans le domaine de l'écotourisme et de l'agritourisme".
Au-delà de l’objectif de faire séjourner les visiteurs plus longtemps dans le Sud sauvage, le projet participe, selon Patrick Lebreton, à une volonté de "rééquilibrage territorial" d’une offre hôtelière historiquement davantage concentrée dans l’Ouest et le Nord.
Une trentaine d'emplois attendus
L’établissement devrait également créer des emplois localement. 28 équivalents temps plein sont annoncés pour assurer son fonctionnement, avec une volonté affichée de recruter à Saint-Joseph et dans le Sud sauvage.
Assumant ses multiples casquettes de maire de Saint-Joseph, de président du Comité réunionnais du tourisme et de premier vice-président de la Région, Patrick Lebreton rappelle aussi les enjeux plus larges du tourisme à La Réunion : "Pour faire du tourisme, il faut développer les connexions aériennes." Il insiste également sur la dimension environnementale du projet : "j'ai une âme d'environnementaliste, et pas seulement à mes heures perdues".
L'élu n'oublie pas la clientèle locale : "Le touriste réunionnais est le premier ambassadeur du vien gout nout péi", insiste-t-il. Avec le Manapany Bay, attendu pour décembre 2027,il espère ainsi voir émerger "un hôtel qui va irriguer tout un territoire".


