GHER : FO en grève pour dénoncer les conditions de travail et les changements d’affectation

Le syndicat Force ouvrière du Groupe hospitalier Est Réunion (GHER) appelle les agents à la grève ce vendredi 21 août. Conditions de travail, changements d’affectation, manque de personnel, accumulation des heures supplémentaires et respect des temps partiels figurent au cœur des revendications. Des négociations ont débuté avec la direction, mais FO maintient pour l’heure son mouvement.
« La santé n’a pas de prix et n’est pas négociable. » Le mot d’ordre affiché par FO donne le ton. Depuis minuit, le syndicat est mobilisé devant le GHER pour réclamer notamment une amélioration des conditions de travail et davantage de garanties concernant les changements d’affectation des agents.
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Pour Nelson Técher, secrétaire général de FO-GHER, ce dernier point cristallise une partie des tensions. Le syndicat affirme que certains personnels peuvent être déplacés d'un service à l'autre sans concertation suffisante. Il cite notamment le cas récent d'une cadre qui aurait découvert, en arrivant à son poste, qu'elle était désormais affectée dans un autre service.
FO réclame donc le respect des procédures lors des changements d'affectation, particulièrement lorsque l'état de santé d'un agent est en jeu. Selon le syndicat, les recommandations médicales doivent être prises en compte et la recherche d'un aménagement de poste privilégiée avant d'envisager une autre affectation.
Un brancardier témoigne de son changement de poste
Une situation qu'illustre le témoignage recueilli auprès d'un agent du GHER. Ancien brancardier, celui-ci explique avoir été victime d'un accident du travail ayant entraîné une blessure à l'épaule droite. Après trois mois d'arrêt complet, il reprend en mi-temps thérapeutique mais affirme avoir alors été affecté au service nettoyage.
« Je n'ai pas eu le choix d'avoir un poste adapté ou de travailler sur un service aménagé », explique-t-il. L'agent assure être toujours soumis à des restrictions physiques et estime qu'une affectation permettant de conserver certaines fonctions de brancardage aurait pu être envisagée. Il évoque notamment le bloc opératoire, où les déplacements concernent davantage les brancards que les lits, plus difficiles à manipuler.
Pour FO, ce type de situation doit faire l'objet d'une procédure clairement définie, associant l'agent et, lorsque cela est nécessaire, le service de santé au travail.
Des agents avec jusqu'à « 60 heures par semaine », selon FO
Autre dossier mis en avant par le syndicat : les effectifs. FO dénonce des remplacements trop tardifs ou inexistants en cas d'arrêt maladie ou de temps partiel thérapeutique. Nelson Técher affirme que certains remplacements peuvent nécessiter « au moins un mois », avec pour conséquence une augmentation de la charge de travail pour les équipes restantes.
Le secrétaire général de FO-GHER assure ainsi que certains agents peuvent être amenés à travailler « 24 heures d'affilée ou 60 heures semaine ». Le syndicat réclame un véritable plan de résorption des heures supplémentaires ainsi qu'un renforcement du pôle interne de remplacement, afin notamment de permettre aux personnels qui le souhaitent de récupérer leurs heures plutôt que de se les faire payer.
Le tract distribué ce vendredi réclame également le remplacement des absences, le respect des temps partiels thérapeutiques et des temps partiels pour convenances personnelles, ainsi que celui des organisations de service validées par les instances de l'établissement.
Des premières avancées, mais la grève continue
Des discussions sont toutefois engagées avec la direction du GHER. FO fait état d'une première avancée concernant les personnels sociaux souhaitant notamment travailler sur une organisation de 39 heures avec un forfait cadre, demande à laquelle la direction aurait finalement répondu favorablement.
Sur la question plus sensible des changements d'affectation, le syndicat attend désormais des garanties écrites. Une réunion avec la médecine du travail doit notamment permettre de poursuivre les discussions.
En attendant, FO maintient son piquet de grève. Le syndicat indique avoir choisi de ne pas bloquer la circulation et assure vouloir limiter autant que possible les conséquences du mouvement pour les patients et la population.
Faute d'accord sur certains dossiers, Nelson Técher prévient que le conflit pourrait se prolonger et évoque même une possible saisine de la justice après des recours gracieux déjà engagés. « On ne lâche rien. C'est la santé. La santé, on ne négocie pas. La santé des agents », conclut le responsable syndical.


