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Après la CGSS, Patrice Selly dénonce la mise à l’écart de candidats locaux au sein de la Police nationale

Ecrit par Zinfos974 – le mercredi 19 août 2026 à 13H06
"Nous demandons simplement que La Réunion dispose des compétences et des capacités d'adaptation nécessaires pour construire ses propres réponses, dans le cadre républicain de la Constitution de 1958", déclare le maire de Saint-Benoît et président du parti Banian (archives).

Après la CGTR, Patrice Selly monte à son tour au créneau contre la nomination d’Ugo Pizzo au poste de directeur territorial adjoint de la Police nationale à La Réunion. Le président de Banian annonce avoir écrit au Premier ministre pour demander le réexamen de cette décision et davantage de transparence sur les critères ayant conduit à écarter deux candidats déjà en poste dans l’île.

Lire aussi : Police nationale : la CGTR dénonce un "plafond de verre" pour les cadres réunionnais

La nomination d’Ugo Pizzo au poste de directeur territorial adjoint de la Police nationale à La Réunion continue de susciter des réactions. Après la CGTR, qui dénonçait ce mercredi matin un “plafond de verre” pour les cadres réunionnais, Patrice Selly interpelle directement le Premier ministre.

Le président du parti Banian affirme lui avoir adressé ce mercredi 19 août un courrier demandant le réexamen de la nomination du commissaire divisionnaire. En cause : deux autres commissaires divisionnaires de même grade, déjà en poste à La Réunion et candidats à cette fonction, n'ont pas été retenus.

“La préférence aurait dû aller aux candidats locaux”

Patrice Selly précise ne pas remettre en cause les compétences du nouveau directeur territorial adjoint, mais estime que l'expérience acquise à La Réunion aurait dû peser dans le choix final.

“Je ne conteste pas les qualités professionnelles du commissaire Pizzo, mais je conteste la méthode et le message que cette décision envoie à La Réunion. À compétences et grade égaux, la préférence aurait dû aller aux candidats locaux, au nom même du principe de priorité d'affectation fondée sur le centre des intérêts matériels et moraux, qui perd tout son sens s'il s'efface dès qu'il s'agit de responsabilités stratégiques”, affirme le maire de Saint-Benoît.

Le responsable politique demande ainsi au Premier ministre de préciser les “critères objectifs” ayant conduit à écarter les deux candidatures locales. Il réclame également un réexamen des conditions d'application de la priorité d'affectation à La Réunion pour les postes à haute responsabilité ainsi qu'une plus grande transparence lors des prochaines nominations de cadres de l'État dans l'île.

Pour Patrice Selly, cette nomination dépasse le seul cas de la Police nationale. Il estime qu'elle s'inscrit dans une succession de décisions dans lesquelles des candidats extérieurs au territoire ont été préférés à des profils locaux.

“À chaque fois, le même schéma se répète : des candidats extérieurs sont préférés à des candidats réunionnais tout aussi qualifiés, sans justification rendue publique. Cette répétition nourrit un sentiment légitime de défiance et le constat d'un mépris des compétences et des cadres réunionnais”, dénonce-t-il.

Même contestation que lors d'une nomination à la CGSS

Ce n'est pas la première fois que Patrice Selly intervient publiquement sur la nomination d'un responsable à la tête d'une administration locale. Fin juin, lors de la nomination de Jean-Xavier Bello à la direction de la CGSS, le président de Banian avait déjà demandé que cette candidature soit écartée.

Lire aussi : Nomination à la CGSS : "La Réunion n'est pas une recyclerie pour fonctionnaires incompétents", lance Patrice Selly

À l'époque, il estimait que la direction de la CGSS devait être confiée à une personnalité “choisie pour ses compétences et sa connaissance du territoire réunionnais, pas pour des arrangements venus de Paris”. Banian avait alors appelé le conseil d'administration de l'organisme à rejeter la candidature de Jean-Xavier Bello. Celle-ci avait finalement été validée malgré l'opposition de 14 administrateurs contre 9.

Dans son nouveau communiqué, Patrice Selly cite également la nomination, en 2025, d'un directeur venu de l'Hexagone à la tête du Pôle régional des musiques actuelles, au détriment, selon lui, d'une figure locale du Maloya.

“Les Réunionnaises et les Réunionnais ne demandent ni faveur ni passe-droit : ils demandent que la compétence et l'attachement au territoire soient enfin reconnus à leur juste valeur”, conclut le président de Banian.

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