Police nationale : la CGTR dénonce un "plafond de verre" pour les cadres réunionnais

La nomination d’Ugo Pizzo au poste de directeur territorial adjoint de la Police nationale à La Réunion fait réagir la CGTR. Le syndicat dénonce une nouvelle fois le choix d’un responsable venu de l’Hexagone alors que deux commissaires divisionnaires déjà en poste dans l’île auraient également été candidats.
La nomination du commissaire divisionnaire Ugo Pizzo au poste de directeur territorial adjoint de la Police nationale à La Réunion ne passe pas auprès de la CGTR. Dans un communiqué daté du 18 août, le syndicat assure ne pas remettre en cause les compétences du nouveau responsable, mais s'interroge sur les critères ayant conduit à sa désignation.
Selon la CGTR, deux commissaires divisionnaires déjà en poste à La Réunion et disposant d'une expérience du territoire étaient également candidats. Ils n'auraient finalement pas été retenus, au profit d'un responsable venu de l'Hexagone.
« Si les candidats réunionnais ou ayant une forte expérience de La Réunion n’avaient pas le profil requis, l’administration doit être en mesure de l’expliquer clairement », estime la confédération. Pour elle, la question dépasse cette seule nomination : « Si la connaissance du territoire, l’expérience locale et l’ancrage réunionnais ne constituent jamais un avantage lorsqu’il s’agit d’accéder aux responsabilités, alors nous sommes face à un véritable problème de reconnaissance des compétences locales. »
« Après la CGSS, maintenant la Police »
La CGTR rapproche cette nomination d'autres décisions qu'elle avait déjà contestées, notamment celle concernant la direction générale de la CGSS Réunion. Le syndicat estime observer un phénomène récurrent dans l'accès aux principaux postes à responsabilité de l'île.
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« À compétences comparables, pourquoi les Réunionnais ou les cadres ayant construit leur expérience sur notre territoire sont-ils si souvent écartés des postes à responsabilité ? », interroge-t-il.
La confédération précise toutefois ne pas réclamer de priorité automatique fondée sur l'origine géographique. Elle revendique une « égalité réelle » et une meilleure prise en compte de la connaissance du territoire dans l'évaluation des candidatures. Pour la CGTR, l'expérience des réalités sociales, économiques et culturelles réunionnaises doit être considérée comme une compétence professionnelle à part entière.
Le syndicat va jusqu'à dénoncer l'existence d'un « plafond de verre » pour les cadres réunionnais. Il estime que la répétition de ces nominations alimente le sentiment que les compétences locales doivent « constamment faire leurs preuves davantage que celles venues de l’extérieur ».
La CGTR réclame davantage de transparence
Face à cette situation, la CGTR demande aux autorités davantage de transparence sur les procédures de recrutement et de nomination aux postes à responsabilité. Elle souhaite notamment que les critères ayant conduit aux différents choix soient clairement exposés.
« La Réunion ne manque ni de compétences ni de talents. Ce qui manque encore trop souvent, c’est la confiance que les décideurs leur accordent », conclut Jacky Balmine, secrétaire général de la CGTR. Le syndicat annonce qu'il continuera à défendre la reconnaissance de « l'expérience et de l'ancrage réunionnais » dans l'accès aux fonctions dirigeantes.


