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Rentrée scolaire : Saint-Joseph limite la casse malgré la fin des PEC

Ecrit par Gaetan Dumuids – le mardi 18 août 2026 à 08H32

La rentrée scolaire s’annonce plus compliquée que d’habitude à Saint-Joseph. La commune doit composer avec la forte baisse des contrats PEC, qui représentaient jusqu’ici une part importante des personnels mobilisés dans les écoles. Patrick Lebreton annonce 145 CDD et des redéploiements internes pour maintenir l’ouverture des établissements, mais certains services non obligatoires seront suspendus.

À Saint-Joseph, la rentrée des classes ne ressemblera pas aux précédentes. La commune doit faire face à la disparition quasi totale des contrats PEC, ces parcours emploi compétences qui permettaient jusqu’ici de faire fonctionner une partie importante des services dans les écoles.

Patrick Lebreton parle d’un “mouvement de rentrée” particulier. En 2025, sur les 450 employés mobilisés dans les 25 écoles de la commune, 271 relevaient de contrats PEC. Cette année, la donne change brutalement. L’État ayant informé les communes le 5 mai, alors que les budgets avaient déjà été reconduits sur les bases de l’année précédente, qu’il n’y aurait plus de PEC dans les mêmes proportions.

“C’est une rupture de contrat par l’État en direction des communes et c’est très dommageable”, dénonce Patrick Lebreton. À l’échelle des besoins de la commune, il évoque seulement 32 PEC cette année, contre environ 400 l’an dernier.

145 CDD pour limiter la casse

Face à ce manque de personnel, la Ville affirme avoir dû réorganiser en urgence sa rentrée. Le maire annonce le financement de 145 CDD, à travers des prolongations de contrats et quelques recrutements nouveaux, pour des durées de deux à quatre mois. En parallèle, des agents d’autres services municipaux seront redéployés vers les écoles.

Ce dispositif doit permettre d’ouvrir les établissements, mais “dans des conditions différentes que d’habitude”, prévient Patrick Lebreton. La commune veut assurer l’essentiel, mais reconnaît qu’elle ne pourra plus proposer immédiatement l’ensemble des services mis en place les années précédentes.

Le maire rappelle que Saint-Joseph avait développé plusieurs dispositifs au-delà des obligations strictes d’une commune : garderie, périscolaire, école municipale des sports, bassin d’apprentissage de la natation dans les Hauts ou encore interventions d’animateurs et d’éducateurs dans les écoles.

Des services suspendus “jusqu’à nouvel ordre”

Ces services non obligatoires seront les premiers touchés. Patrick Lebreton annonce notamment la fermeture temporaire de certaines activités périscolaires et sportives “jusqu’à nouvel ordre”. La commune fera un point au cours du premier trimestre pour évaluer ce qui pourra être rétabli ou adapté.

“Pour l’instant, il nous faut ajuster pour faire en sorte que l’on puisse faire tourner les écoles”, explique le maire.

La garderie reste également un sujet sensible pour les familles. Saint-Joseph comptait sept garderies, dont trois étaient portées par une association. La Ville souhaite encourager les associations de quartier déjà engagées dans le périscolaire à prendre davantage de place dans ce domaine. Patrick Lebreton assure que la commune les soutiendra si elles décident d’aller plus loin.

Il insiste toutefois sur un point : plusieurs services rendus par les communes ne relèvent pas d’une obligation légale. La restauration scolaire, la garderie ou certaines activités périscolaires ne sont pas obligatoires, même si elles sont devenues indispensables dans le quotidien de nombreuses familles.

Une ATSEM par classe maintenue

Patrick Lebreton entend aussi rappeler les choix faits de longue date par la commune. Depuis 2001, Saint-Joseph a fait le choix de déployer une ATSEM par classe en maternelle, et non une seule ATSEM par école comme le prévoit l’obligation minimale.

“L’école est une priorité pour nous”, affirme le maire, qui estime que la commune a souvent dépassé ses obligations dans ce domaine.

Une rentrée marquée aussi par la baisse des effectifs

La rentrée 2026 s’inscrit par ailleurs dans un contexte démographique moins favorable. La commune a confié depuis un an une étude sur sa carte scolaire à un bureau spécialisé. Le constat est net : en dix ans, Saint-Joseph a perdu 670 élèves sur environ 5.000.

Cette baisse n’est pas propre à la commune, souligne Patrick Lebreton, mais elle oblige à regarder l’avenir autrement. Cette année, quatre classes ferment en élémentaire, tandis qu’une classe ouvre en maternelle à Grand-Coude.

La Ville prévoit une réunion lundi prochain avec les directrices et directeurs d’école, ainsi que l’inspectrice de l’Éducation nationale de la circonscription. Dans la semaine, Patrick Lebreton souhaite également réunir les 364 personnels mobilisés sur les écoles, afin de suivre le déroulement de la rentrée et d’ajuster si nécessaire l’organisation.

Pour le maire, le message est clair : Saint-Joseph assurera la rentrée, mais dans un contexte fortement dégradé par les décisions de l’État. “Malgré ça, nous, on continue tout simplement à assumer”, résume-t-il.

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