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Sauvons nos cryptomerias de Noël

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 28 décembre 2011 à 17H27

 

Aujourd’hui à l’île de La Réunion, des intégristes de l’écologie font une fixation négative sur un arbre qui a apporté et qui peut apporter beaucoup de bien à notre région, le cryptomeria "japonicus" localement dénommé "borbonicus"... Ils ont réussi à induire une erreur grave relayée par des politiques de La Réunion, ces derniers pourtant sont soucieux du bien-être de leur île ? Pourquoi ce dérapage ?

"Éradiquons le cryptomeria" disent-ils car c’est un résineux qui brûle vite… Si nous devions supprimer tous les résineux de la terre, sapins, pins lariccio, pins parasol pour cette unique raison ce serait, cette fois-ci, bel et bien une catastrophe écologique... D’autant plus que l’adversaire redouté du pompier ce n’est pas le cryptomeria mais la voune des tamariniers. (accumulation des résidus de tamarins et de calumets sur des siècles) qui en fait une matière inflammable couvante.

Ce qui pourrait me faire écrire que l’ennemi de la forêt ce n’est pas le cryptomeria, ce sont les décideurs et l’administration qui, depuis cinquante ans n’ont pas eu de véritable politique de développement des Hauts, en essayant d’éradiquer les gens des Hauts… Planteurs, forestiers, initiateurs de projet car ceux-ci ne sont pas une réserve électoraliste, ils sont aujourd’hui dispersés.

Mais revenons à la gestion de la forêt, dans les années 50, l’ONF a trouvé un arbre magnifique pour créer une sylviculture (vous savez une production forestière qui donne de l’emploi aux jeunes des Hauts, aux Créoles) car cet arbre, le cryptomeria pousse vite et bien, c’est un bois intéressant pour la menuiserie. La terrible erreur de l’ONF à ses débuts fut de raser des bois de couleurs pour y implanter nos conifères du Japon (quelle bêtise !), mais ils ont depuis rectifié le tir et ont fait un travail de qualité.

Le plus grand amoureux et exégète de la forêt des Hauts, Jacques Lougnon, était fier des cryptomerias qu’il avait plantés sur les pentes en friches. Il fit même une conférence de presse sur la route des cryptomerias pour féliciter les agents de l’ONF sur la qualité du tracé de leur route (j’étais témoin). Jacques, aimait bien entendu ses bois de couleurs, il les préservait, il aimait par-dessus tout, ses tamariniers, qu’il appelait les chênes de Bourbon, il exploitait ses calumets et entretenait sa forêt qui ne brûlait pas. Oui, une harmonieuse gestion de la forêt (sans les "spécialistes" du parc, qui vivent sur le littoral) est possible.

En y intégrant nos bois de couleurs, nos tamariniers, nos cryptomerias en relançant l’essence de géranium et de… cryptomeria, la première cuite fut réalisée à notre initiative à la Petite France en 1986.

Oui, le développement harmonieux et intelligent de la forêt est possible à condition d’arrêter de dire des contre-vérités. J’écris sous contrôle d’un vrai forestier, Raymond Clain, auteur de l’ouvrage "le dernier des mohicons" à lire si vous souhaitez vous documenter sur ce sujet. Il n’est pas bon d’opposer la sylviculture (qui est notre fierté) à la sanctuarisation des espèces indigènes qui est aussi nécessaire. Le cryptomeria est notre nouvel arbre de Noël… Il remplace le filaos du littoral, et cela est une bonne chose.

Hommes et femmes politiques de notre pays, vous qui aimez notre île, de grâce, arrêtez de vous faire manipuler par des technocrates qui font de l’écologie parfois mal placée, alors qu’ils n’ont pas vécu dans notre forêt.

Notre forêt des Hauts est belle, elle doit être préservée et, enrichie. Oui, un développement harmonieux est possible, souhaitable et nécessaire. Les arbres de la forêt des Hauts sont les poumons végétaux de notre île... .
Ils ont tous le droit d’exister et nous nous devons de les... aimer.

Christian Vittori.

 

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