"Quand je t’aime, tu es à moi" : un an de prison ferme pour un jeune majeur jaloux et violent

Jugé pour avoir violenté sa petite amie qui voulait le quitter, un Saint-Paulois de 18 ans à peine a été condamné en comparution immédiate à un an de prison ferme avec mandat de dépôt.
« On est presque encore au stade des amours adolescentes qu’il affiche déjà un comportement très préoccupant », pointe le procureur Antoine Tur, vendredi 27 mars, à l’audience de comparution immédiate du tribunal judiciaire de Saint-Denis.
A la barre, un Saint-Paulois de tout juste 18 ans, poursuivi pour plusieurs faits de violences et de menaces de mort remontant au 7 février dernier. Ce jour-là, le jeune homme qui vient d’être admis au RSMA fixe rendez-vous à sa petite amie du même âge que lui, et qu’il fréquente depuis sept mois à peine.
Téléphone brisé, gifles et coup de poing
Il n’a particulièrement pas apprécié « qu’elle soit sortie la veille en désactivant la géolocalisation de son compte Instagram », relate le président Bernard Molié. Attrapant le téléphone de la jeune fille, il fouille à l’intérieur et découvre qu’elle a eu, ce soir-là, des échanges avec son ex-petit ami.
De rage, il brise le téléphone puis assène deux gifles et un coup de poing dans le ventre de la jeune fille, qui lui dit qu’elle veut rompre avec lui. Des personnes seraient alors intervenues pour les séparer, mais il aurait encore tenté de l’étrangler en pleine rue.
Malgré les trois jours d'interruption de travail occasionnés à la victime, il se présentera encore le soir au domicile des parents de la jeune fille pour venir demander des comptes. Ce qui donnera lieu à des menaces et de nouveaux coups sur la mère et l’oncle avec un manche à balai.
"J'étais en colère"
« Pourquoi avez-vous fouillé dans son téléphone ? », questionne le président. « C’était pour savoir », répond le jeune, l'air assez détaché à la barre.« Mais est-ce que cette jeune femme vous appartient ? Pourquoi l’avoir frappée ? » reprend le magistrat.« J’étais en colère », lâche froidement le prévenu.
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Si le jeune homme, déjà condamné pour violences du temps de sa minorité, se présente libre à l’audience après un premier renvoi le 9 février, c’est qu’il avait bénéficié d’un placement sous contrôle judiciaire du fait de son entrée au régiment. Problème : son contrat a été rompu deux semaines plus tard car… sa victime était également pensionnaire du RSMA.
"Jalousie excessive"
« Il n’y a pas la moindre remise en question de son côté. En garde à vue, quand le gendarme lui a demandé s’il était jaloux, il a répondu : "Quand j’aime, tu es à moi." C’est très inquiétant », estime le ministère public, requérant à l’encontre du prévenu la peine de 24 mois de prison dont six avec sursis probatoire.
« Il a fait preuve d’une jalousie excessive et inappropriée », reconnaît Me Anna Ferrer pour la défense. « Mais il est jeune et peut encore évoluer. Le mettre en prison à cet âge reviendrait à lui dire qu’on ne peut plus rien faire pour lui », plaide encore l’avocate.
Après délibéré, le tribunal va pourtant se montrer intraitable. Le jeune homme est condamné à un an de prison ferme, avec mandat de dépôt à l’audience.


