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Urcoopa – Terracoop : la trêve vole en éclats, les négociations déjà rompues

Ecrit par Julien Delarue – le jeudi 26 mars 2026 à 17H36
Photo d'illustration

La tentative d’apaisement n’aura pas tenu. Tandis que Terracoop accuse Henri Lebon d’avoir rompu les négociations, le président de l’Urcoopa dénonce une prise de pouvoir illégale. En toile de fond, un désaccord total sur les engagements du 20 mars et la gouvernance du groupe.

La parenthèse aura été de courte durée. Moins d’une semaine après l’annonce d’un apaisement et d’un travail commun à venir, le bras de fer entre l'Urcoopa et Terracoop a brutalement repris.

Les employés de Terracoop lors du débrayage du 20 mars

Dans un communiqué diffusé ce 26 mars, Terracoop accuse frontalement le président de l’Urcoopa d’avoir fait capoter les discussions. "Henri Lebon a choisi unilatéralement de rompre toute perspective de négociation", écrit la coopérative, qui évoque un changement de ton radical depuis les engagements pris le 20 mars.

Lire aussi : La hache de guerre enterrée entre Terracoop et l'Urcoopa

Selon Terracoop, un accord de principe avait pourtant été trouvé pour enclencher un cessez-le-feu et travailler à un plan commun. "Suspendre notre plan et travailler sur un plan ensemble", rappelle la coopérative.

Mais dans les jours qui ont suivi, les lignes ont bougé. Dans un échange entre avocats daté du 24 mars, les conseils de Terracoop dénoncent un durcissement des positions. "Aucun engagement de retrait immédiat n’a été pris", rappellent-ils, insistant sur la notion de suspension et non d’abandon du plan concurrent. "Une négociation de bonne foi ne consiste pas à demander à l’une des parties une reddition sans condition".

En face, la réponse ne tarde pas. Les avocats de l’Urcoopa contestent toute idée de discussion en cours et refusent de suspendre les procédures. "Nous nous inscrivons en faux contre cette présentation", écrivent-ils. Pour eux, "aucune négociation sérieuse et sécurisée ne peut être engagée à ce stade", estimant que les conditions posées par Terracoop ne sont pas respectées.

Une bataille sur les engagements du 20 mars

Au cœur du conflit : l’interprétation des engagements pris lors de la suspension de l’assemblée générale. Là où Terracoop parle d’un "cessez-le-feu" permettant de négocier un plan commun dans un délai de quinze jours, l’Urcoopa conditionne toute discussion à un retrait préalable et définitif des actions engagées.

avec à gauche, Charles Doki-Thonon (CANE) Jérôme Gonthier (Terracoop), Fabrice Payet (Sicalait) au centre et, micro à la main,Henri Lebon (Urcoopa). 

Un désaccord de fond, qui a rapidement fait dérailler la dynamique enclenchée.

Dans son communiqué, Terracoop évoque même une exigence de "reddition immédiate et inconditionnelle", sans contrepartie ni cadre de négociation.

Lire aussi : Henri Lebon, président de l'Urcoopa : "On a trouvé une sortie de crise"

Une gouvernance contestée… et des accusations graves

Mais le conflit a franchi un cap supplémentaire avec la question de la gouvernance. Terracoop et Sicalait affirment qu’un conseil d’administration s’est tenu le 20 mars et qu’il a acté un changement à la tête de l’Urcoopa, avec la révocation d’Henri Lebon.

Une version totalement contestée par l’intéressé.

"Il n’y a pas eu de conseil d’administration. Il y a eu une réunion de principe le matin, une réunion avec les salariés et une réunion de concertation", affirme Henri Lebon, qui dément toute décision formelle et remet en cause la régularité des faits avancés.

Le président de l’Urcoopa va plus loin et dénonce une stratégie délibérée. "Ces quinze jours, c’était pour prouver la bonne foi. En réalité, c’était pour gagner du temps et faire un coup d’état."

Des mots forts, qu’il assume. "Aujourd’hui, je me retrouve face à des gens qui font un coup d’état, qui prennent le pouvoir. Je pensais que l’on était dans un pays de droit."

Une plainte bientôt déposée

Sur le plan juridique, il conteste toute validité aux décisions annoncées : "Il n’y a pas eu de vote. Pour l’instant, ils ont fait leur système", insiste-t-il, évoquant une situation qu’il juge irrégulière.

Sans surprise, la riposte s’organise. "Mes conseils et moi-même allons porter plainte (…) pour faux et usage de faux", annonce-t-il, tout en reconnaissant découvrir une partie de la situation "par son entourage".

Dans un ton plus mesuré, mais toujours inquiet, il conclut : "On va voir comment les salariés se positionnent. (…) C’est impensable."

Retour à un conflit ouvert

Cette nouvelle séquence marque un retour brutal à un conflit frontal, après une tentative d’apaisement qui n’aura duré que quelques jours.

Derrière les échanges juridiques et les communiqués, c’est bien la bataille pour le contrôle de la Soficoop, la gouvernance de l’Urcoopa et l’avenir du modèle coopératif réunionnais qui se joue.

Et à ce stade, une chose est sûre : la trêve du 20 mars appartient déjà au passé.

Etiquettes : Terracoop | Urcoopa

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