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Une adolescente brise l'omerta familiale en signalant des agressions sexuelles

Ecrit par Lucas Candessoussens – le vendredi 27 février 2026 à 19H09

Lors d'une audience devant le tribunal correctionnel ce vendredi 27 février, un oncle était jugé pour agression sexuelle sur deux de ses nièces. C'est l'une d'elles qui a eu le courage de signaler les faits, malgré l'omerta familiale.

Ce sont toujours des audiences difficiles : les agressions sexuelles, particulièrement quand elles concernent des enfants. Mais il est tout de même important d'en parler. En France, l'omerta autour du sujet, surtout dans la sphère familiale, a mis du temps à être brisée. Entre 2022 et 2024, La Réunion affichait un taux particulièrement élevé de violences sexuelles avec près d'un millier d'enfants victimes.

En 2024, la gendarmerie de La Réunion a enregistré près de 995 mineurs atteints de violences sexuelles, dont 382 en lien avec des violences intrafamiliales.

L'école fait remonter le témoignage de la nièce

L'histoire débute lors d'une réunion parents-professeurs dans un lycée de l'ouest de l'île. Une adolescente parle à sa professeure principale de faits d'agressions sexuelles perpétrées par son oncle. L'enseignante fait remonter ce témoignage, et le rectorat alerte le parquet de ces faits.

Ainsi, l'oncle est interpellé et auditionné. Dans un premier temps, il va totalement nier les faits. Or, après une nuit en garde à vue, il finit par reconnaître avoir "été trop loin". Car sa nièce décrit un mode opératoire presque rodé. Elle évoque quatre épisodes caractérisés d'agressions sexuelles.

Elle relate qu'une fois, alors qu'elle dormait chez sa tante et son oncle, ce dernier a profité d'être seul avec elle pour lui faire un "massage". Sans rentrer dans d'odieux détails, il en a profité pour l'agresser sexuellement, lui imposant certaines pratiques.

Un premier signalement partiellement ignoré

Ce que l'on apprend tout au long de cette audience, c'est que la jeune victime a alerté sa mère avant l'école. Cette dernière a toutefois continué d'envoyer sa fille chez son oncle, en activant toutefois une caméra sur son smartphone.

La mère de famille a essayé d'en parler avec la femme de l'oncle, qui n'est autre que sa sœur, mais cette dernière aurait simplement éludé les faits en expliquant que son mari était tactile avec les filles. Pire encore, la jeune sœur de la victime a continué à aller chez l'agresseur et a été, elle aussi, victime des mêmes faits. La grand-mère, de son côté, a semblé faire preuve d'amnésie quand les faits ont été relatés.

Seul le fils du mis en cause va corroborer la version de sa cousine. Il raconte aux forces de l'ordre comment un jour, il a surpris son père et la victime, tous deux assis sur le lit. Une scène qui lui est apparue étrange sur le moment.

L'oncle n'arrive pas à s'expliquer

Face au tribunal correctionnel, l'oncle ne nie pas les faits. Il reconnaît avoir causé du tort à ses deux nièces et regrette son geste. Inconnu des services de justice, c'est un père de famille inséré dans la société.

Quand on lui demande d'expliquer son geste, il n'y parvient pas. Sur son téléphone, du contenu à caractère pornographique est retrouvé, mais rien en lien avec des mineurs.

"Long a été le chemin pour faire entendre sa parole", entonne le ministère public au commencement de son réquisitoire. La procureure prend le temps de décrire l'état de la jeune victime et les signes évidents d'abus : cette dernière se renfermait de plus en plus sur elle. La procureure déplore que leur mère, au courant, a continué de les envoyer chez leur oncle.

Ce que l'on peut retenir, c'est que la famille n'a pas su protéger ces deux jeunes enfants. La procureure a requis une peine de 12 mois d'emprisonnement avec un sursis probatoire de deux ans et une obligation de soins.

La défense a pour sa part souligné que son client a tenté de faire face à ses responsabilités. Après être revenu sur sa non-reconnaissance des faits, il a mis un terme à tout contact avec ses nièces et a regretté ce qu'il leur a infligé.

Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public en inscrivant l'individu au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.

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