Le préfet contraint de communiquer à Domoun la Plaine des documents sur le Parc du Volcan

Le tribunal administratif a enjoint le préfet Patrice Latron de communiquer à Domoun la Plaine certaines informations environnementales sur le Parc du Volcan au Tampon, un grand projet de la mairie auquel s’oppose l’association écocitoyenne.
Même si le Parc du Volcan ne fait plus les gros titres, le parc d’attractions à Bourg-Murat figure toujours sur la liste des grands chantiers de la commune du Tampon. En février 2025, lors d’une visite de terrain du préfet Patrice Latron, le maire Patrice Thien Ah Koon avait ainsi vanté ce projet emblématique, présenté comme un futur havre de paix dans les Hauts pour les visiteurs.
Domoun la Plaine, qui dénonce une hérésie environnementale et une atteinte au cadre de vie des riverains, suit le dossier de près. En novembre 2024, l’association écocitoyenne a écrit au préfet de La Réunion afin d’obtenir certains documents en lien avec l’arrêté préfectoral du 14 novembre 2023, lequel octroie une autorisation environnementale pour l’aménagement du parc de loisirs.
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Les opposants au Parc du Volcan souhaitaient pouvoir consulter « le rapport d'étude acoustique préalable au démarrage des travaux autorisés à la suite de l'enquête publique environnementale », ainsi que « les mesures de biosécurité pour réduire les risques d'expansion des espèces exotiques envahissantes ».
Le refus de communication des documents est entaché d'illégalité
La préfecture n’ayant pas répondu à la demande de Domoun la Plaine, ce qui équivaut à un refus implicite, l’association a saisi la CADA (Commission d‘accès aux documents administratifs) en mars 2025. Celle-ci a rendu un avis favorable à la communication par les services de l’État des documents demandés.
Fort de cet avis favorable de la CADA, l’avocat de Domoun la Plaine, Me Younous Karjania, a plaidé le 19 décembre dernier au tribunal administratif de La Réunion sa requête visant à obtenir l’annulation du refus implicite du préfet de La Réunion, avec injonction à communiquer les informations demandées.
Dans une décision rendue le 9 janvier, les magistrats ont donné droit à la demande de transparence sur l’information de l’association. « Le préfet ne se prévaut d’aucune circonstance particulière qui serait de nature à faire obstacle à la communication. Dans ces conditions, l’association requérante est fondée à soutenir que la décision de refus de communication est entachée d’illégalité et doit être annulée », font-ils valoir.
1 500 euros pour Domoun la Plaine à la charge de l'État
« Le présent jugement, compte tenu du motif d’annulation retenu, implique nécessairement que le préfet de La Réunion communique à l’association écocitoyenne Domoun La Plaine, dans un délai de deux mois, d’une part, le rapport d'étude acoustique préalable au démarrage des travaux ayant fait l’objet d’une autorisation environnementale à la suite de l'enquête publique environnementale et, d’autre part, les mesures de biosécurité prises pour réduire les risques d'expansion des espèces exotiques envahissantes. Il n’y a pas lieu, pour l’heure, d’assortir cette injonction d’une astreinte », précise le jugement du tribunal administratif.
Les magistrats concluent en ajoutant qu’il « y a lieu de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à verser à l’association requérante au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. »
Un autre grand projet de la commune du Tampon, la nouvelle voie urbaine (dont les travaux ont été lancés en novembre dernier), suscite l’opposition de Domoun la Plaine. Cet axe routier pensé pour fluidifier la circulation sur la RN 3 doit relier le rond-point des Azalées au quartier du 14è kilomètre, en passant par celui de Trois-Mares.
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Dans cette affaire, Domoun la Plaine annonce le dépôt au tribunal administratif de recours en annulation concernant les arrêtés préfectoraux relatifs à la DUP (déclaration d’utilité publique) et à l’autorisation environnementale de la nouvelle voie urbaine du Tampon. L’association écocitoyenne s’allie en outre à l’association Solidarité Recours Péi pour défendre les intérêts de 23 familles expropriées dans le cadre du grand chantier routier de 5 kilomètres de long. Là encore, des procédures sont engagées devant le tribunal administratif, les propriétaires contestant le montant des indemnisations accordées.


