Taxe sur les alcools forts : les rhumiers répondent fermement au Département

La Réunion des Rhums dénonce l’amendement soutenu par le Département visant à créer une nouvelle taxe sur les alcools forts. Les producteurs alertent sur un choc fiscal "dévastateur" pour la filière locale.
La polémique enfle autour de la future taxe sur les alcools forts. Dans un communiqué publié ce mercredi, le syndicat professionnel La Réunion des Rhums (LRR) répond à l’appel du Département en faveur de cette mesure inscrite dans le projet de loi de finances 2026. La filière estime que l’application du texte provoquerait une explosion de la fiscalité sur les rhums réunionnais, évaluée à +1 216 %, soit une hausse de plus de 1.600 euros par hectolitre d’alcool pur, contre 200 euros pour les alcools importés.
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Selon les producteurs, cette disposition se traduirait par une augmentation d’environ 8 euros par bouteille, impactant directement le pouvoir d’achat des Réunionnais et risquant de déplacer la consommation vers les alcools importés, "sans aucun effet démontré sur les consommations problématiques".
La filière représente environ 1.200 emplois
La LRR rappelle que, contrairement à la vignette de sécurité sociale qui finance la santé publique, les recettes de cette surtaxe rejoindraient le budget du Département, "qui n’est pas compétent en matière de santé". Déjà fortement augmentée ces dernières années, la fiscalité sur le rhum local place désormais chaque degré d’alcool au même niveau de taxation qu’un degré de vin en métropole.
Le syndicat prévient qu’aucune entreprise réunionnaise n’est en mesure d’absorber un tel choc fiscal sans mettre en péril ses outils de production, ses emplois et sa capacité d’investissement. Composée uniquement de TPE et PME, la filière représente environ 1.200 emplois directs, indirects et induits, hors emplois agricoles et sucriers.
La LRR souligne également le caractère "discriminatoire" de la mesure, les Antilles et la Guyane ayant été exclues de son champ d’application. Elle rappelle que la Région Réunion avait déjà exprimé en décembre son opposition à cette disposition.
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Pour les producteurs, fragiliser le rhum revient à fragiliser toute la filière canne-sucre-rhum-énergie, qui pèse 15.000 emplois à La Réunion. Tout en réaffirmant leur engagement dans la prévention, notamment via la Charte signée en avril 2024 avec les services de l’État, les acteurs de la filière demandent le retrait immédiat de l’amendement et la mise en place d’une véritable concertation avec les pouvoirs publics.


