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Le Département appelle les députés réunionnais à soutenir la hausse de la taxe sur les alcools forts

Ecrit par N.P. – le mardi 6 janvier 2026 à 18H31

Alors que l’Assemblée nationale entame cette semaine l’examen du budget 2026, le Département de La Réunion exhorte, dans un communiqué, les parlementaires à ne pas s’opposer à l’amendement prévoyant une majoration de la taxation sur les alcools forts. Une mesure que la collectivité juge essentielle pour « sauver des vies » et lutter contre un fléau sanitaire majeur sur l’île.

Le Département de La Réunion en appelle à la « responsabilité » des députés réunionnais. À la veille des débats budgétaires à l’Assemblée nationale, la collectivité défend le maintien d’un amendement permettant d’augmenter la fiscalité sur les alcools forts vendus dans l’île, dans un objectif de santé publique. Face aux critiques et aux « informations erronées » circulant autour du texte, le Département souhaite clarifier les enjeux d’une mesure qu’il estime vitale pour la société réunionnaise.

L’institution rappelle que l’île détient des records nationaux en matière de décès et de drames liés à l’alcool : accidents de la route, violences intrafamiliales, alcoolisation fœtale ou maladies chroniques. « Cette triste exception nationale s’explique notamment par la surconsommation d’alcools forts », souligne-t-elle. L’objectif de la majoration de taxe serait donc de doter le territoire de moyens concrets pour prévenir ces situations et accompagner les plus fragiles.

Cette majoration « constituerait une faculté et non une obligation »

Le Département se veut toutefois rassurant vis-à-vis de la filière rhum, inquiète pour ses emplois et sa compétitivité. Il précise que cette majoration « constituerait une faculté et non une obligation », et que son taux serait défini chaque année en concertation avec les professionnels. L’écart de prix entre rhums locaux et alcools importés serait par ailleurs maintenu, pour préserver la production réunionnaise.

La collectivité s’appuie également sur l’expertise du Dr David Mété, président de la Fédération régionale d’addictologie, qui dénonce depuis plusieurs années le faible coût de l’alcool fort à La Réunion. Selon lui, « disposer de la dose d’alcool la moins chère de France n’est pas une chance mais une inégalité majeure de santé publique ». Le Département rappelle que cette position est partagée au niveau national par la Fédération Addiction, principal réseau français de lutte contre les addictions.

Lire aussi : Dr David Mété : "Une présidente de Région en service commandé des Barons du rhum"

En parallèle, la présidente du Conseil régional a adressé un courrier au gouvernement demandant de ne pas retenir cet amendement dans le projet de loi de finances 2026. Une prise de position que le Département déplore, appelant les parlementaires à « ne pas barrer la route à un dispositif destiné à sauver des vies et à prévenir des milliers de drames familiaux ».

Dans un courrier transmis au gouvernement, la collectivité départementale réaffirme sa volonté de « lutter contre le fléau de l’alcoolisme » et d’instaurer une politique plus cohérente de santé publique à La Réunion. Elle attend des élus une « approche constructive et non polémique » lors des discussions en commission des finances.

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