Filière rhum : Huguette Bello interpelle le ministre de l’Économie pour bloquer une surtaxe de 8 euros par litre

La présidente de la Région Réunion, Huguette Bello, alerte le ministre de l’Économie et des Finances concernant les conséquences d’un amendement fiscal visant le rhum. Elle estime que cette mesure ferait peser une menace directe sur une filière déjà fragilisée et sur l’emploi local, sans pour autant lutter efficacement contre l'alcoolisme, qui est présenté comme l'objectif affiché.
Dans un courrier adressé à Roland Lescure, Huguette Bello met en garde contre un amendement adopté au Sénat et intégré au débat budgétaire, qui prévoit une nouvelle taxation sur les alcools forts. Appliquée au rhum produit à La Réunion, cette mesure pourrait entraîner une hausse massive de la fiscalité, avec des effets immédiats sur les prix et la compétitivité des producteurs locaux.
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Une hausse fiscale jugée disproportionnée et ciblée
Selon la présidente de Région, la majoration envisagée pourrait atteindre plus de 1 600 euros par hectolitre d’alcool pur, soit une augmentation de plus de 1 200 % par rapport à la fiscalité actuelle. Rapportée à la consommation, cette évolution représenterait une surtaxe proche de huit euros par bouteille d’un litre. Huguette Bello souligne que cette mesure, présentée comme un outil de lutte contre l’alcoolisme, ne concernerait en réalité que le rhum local, laissant de côté les alcools importés, pourtant largement consommés à La Réunion.
Elle alerte également sur l’absence de concertation avec les acteurs économiques concernés et remet en cause l’efficacité sanitaire d’une hausse ciblée sur un seul produit. Selon elle, une telle approche risquerait surtout de détourner les consommateurs vers les alcools importés, au détriment de la production locale.
Une filière économique menacée
Dans son courrier, Huguette Bello insiste sur les conséquences économiques et sociales d’une telle décision. La filière rhum représente aujourd’hui environ 1 200 emplois directs à La Réunion et participe à la valorisation d’un savoir-faire reconnu au-delà du territoire. L’augmentation des coûts de production et la perte de parts de marché, y compris à l’export vers l’Hexagone, pourraient fragiliser durablement les entreprises réunionnaises.
Au-delà du rhum, c’est l’ensemble de la filière canne-sucre-rhum-énergie qui est concernée. Déjà éprouvée par plusieurs campagnes difficiles, elle pourrait voir ses investissements ralentis, voire suspendus, dans un contexte agricole tendu. La présidente de Région appelle ainsi le ministre de l’Économie à ne pas retenir cet amendement dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, estimant qu’il ferait peser un risque majeur sur un pilier de l’économie réunionnaise.


