Les mules d'argent n'échappent pas à la prison : deux mères de famille condamnées

'audience de comparution immédiate a vu le passage de Shirley T. et Murielle J.-B., deux Franciliennes jugées à Champ-Fleuri pour avoir tenté d'embarquer plus de 47 000 euros de cash vers la région parisienne.
La saga des mules se poursuit au tribunal. Ce vendredi 12 décembre, ce sont deux mères de famille originaires de la région parisienne qui sont jugées pour avoir tenté de faire passer en douce une grosse somme d'argent liquide.
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Prenons les éléments dans l'ordre. Murielle J.-B. se voit proposer par un homme surnommé "Patron" un voyage à La Réunion. Son objectif, une fois sur place, est de récupérer une coquette somme d'argent liquide pour la faire transiter vers la région parisienne. Nous sommes alors en septembre de cette année, mais la mère de famille panique une fois le pied posé à La Réunion et renonce à faire passer la monnaie.
Forcément, "Patron" n'est pas très content. Il somme donc sa "mule d'argent" de bien vouloir refaire un voyage, sans se défiler cette fois, sous couvert de menaces déguisées. Ainsi, Murielle J.-B. rembarque pour La Réunion. Or, en passant les contrôles sur l'île, elle est fouillée intégralement par les douaniers. Prise de panique, elle prévient son commanditaire et un plan est bricolé dare-dare : la mule doit enrôler une deuxième personne pour diviser les sommes à ramener et ainsi éviter d'attirer l'attention, et surtout un nouveau contrôle.
Situation précaire et besoin d'argent
Par conséquent, Shirley T. fait un voyage depuis la région parisienne pour rejoindre Murielle J.-B. Les deux femmes récupèrent alors en deux fois les sommes à transporter et se partagent le butin. Au total, les deux mères de famille ont un butin de 47 730 euros à convoyer vers l'Hexagone.
À la barre du tribunal, les deux femmes reconnaissent entièrement les faits. Elles évoquent toutes deux une méconnaissance des peines encourues, pensant s'en tirer sans peine de prison. Elles iront jusqu'à dire qu'elles ne voyaient pas de problème à transporter autant d'argent dans leurs valises...
Une prise de position qui n'a pas séduit le ministère public. La procureure estime au contraire qu'elles étaient parfaitement au courant de ce qui se jouait. L'un des arguments avancés est que "Patron", le commanditaire, est lui-même écroué. Elle requiert à leur égard trois ans de prison avec maintien en détention, la confiscation des sommes saisies et une interdiction de séjourner ici.
Les deux robes noires représentant Murielle J.-B. et Shirley T. plaident dans un même sens : celui du profil des coprévenues. Deux mères de famille seules, qui vivent des minima sociaux, attirées par l'appât du gain pour espérer s'en tirer dans la vie quotidienne. Sans nier l'évidence de l'infraction, les avocates plaident pour une peine aménagée.
On connaît la chanson entre les mules et le tribunal : ce dernier a condamné Murielle J.-B. et Shirley T. à une peine de deux ans de prison, avec une amende douanière s'élevant au prix des sommes retrouvées, soit 47 730 euros.


