Le Département lance un institut pour réengager les Réunionnais dans la vie publique

Réunis au Palais de la Source, les élus et partenaires institutionnels ont officialisé la création de l’ICAP, un nouvel espace de formation, de dialogue et de participation, pensé pour réengager durablement les Réunionnais face à la montée de l’abstention et au désintérêt croissant pour la vie publique.
Le Département de La Réunion a officialisé ce vendredi 5 décembre 2025, au Palais de la Source, la signature de la Charte d’engagement de l’Institut Citoyen d’Apprentissage à la Vie Publique (ICAP). Aux côtés des partenaires institutionnels et de la société civile, cette étape marque le lancement d’un projet qui se veut structurant pour le territoire, indique le Département. Confrontée, comme l’ensemble du pays, à une perte de confiance dans l’action publique, à une abstention électorale croissante et à une baisse d’attractivité des métiers administratifs, la collectivité se dote d’un outil inédit pour retisser le lien démocratique avec la population.
Un Institut pensé pour répondre à la crise démocratique
Né d’un long travail mené avec un Comité de Préfiguration Scientifique et Pédagogique, l’ICAP vise à redonner du sens à la participation citoyenne et à construire une démocratie plus active, éclairée et accessible à tous.
L’Institut se donne pour mission de sensibiliser le plus grand nombre, de renforcer les compétences des citoyens, des élus et des futurs agents, et de valoriser les métiers de l’administration. « L’ICAP porte une ambition claire : construire une démocratie permanente, active et accessible à tous les Réunionnais », souligne le Département, qui souhaite offrir à chacun les outils nécessaires pour comprendre, dialoguer et agir dans la vie publique.
Cyrille Melchior : “Une étape fondatrice pour retisser le lien avec les citoyens”
Cette ambition a été largement portée par le président du Département, Cyrille Melchior, qui a rappelé la portée symbolique et politique de cette signature. « La signature que nous allons apposer aujourd’hui constitue une étape fondatrice. Elle vient concrétiser tout le travail de réflexion, d’écoute et de construction collective mené pour donner envie aux Réunionnaises et aux Réunionnais de s’intéresser à la chose publique et de s’y engager pleinement », a-t-il déclaré.
Le président est revenu sur le diagnostic posé dès le début de sa mandature : un désintérêt croissant pour la vie publique, une abstention en hausse et une distance qui s’installe entre institutions et citoyens. L’ICAP se veut une réponse solide et durable à cette fragilisation démocratique. Il a rappelé que sa création est le fruit d’un travail patient mené avec les élus, les services et les partenaires institutionnels, notamment l’Association des Maires de La Réunion.
Transmettre, dialoguer, former : le triptyque fondateur de l’ICAP
Cyrille Melchior a détaillé les trois grands principes qui structurent l’Institut : transmettre, dialoguer et former. Transmettre, en donnant à chacun les clés pour comprendre l’histoire, les institutions et les mécanismes de l’action publique ; dialoguer, en créant des espaces où citoyens, élus, experts, agents publics et acteurs associatifs peuvent débattre et construire ensemble ; former, enfin, en accompagnant les responsables publics d’aujourd’hui et de demain et en aidant les jeunes à redécouvrir les métiers essentiels au fonctionnement des collectivités.
« Ces trois portes d’entrée ont un même objectif : faire grandir les compétences, l’esprit critique et le sens de l’intérêt général », a indiqué le président de la collectivité départementale. Il voit dans l’Institut un outil idéal pour renforcer la culture démocratique sur l’île et encourager l’investissement citoyen.
Trois écoles pour structurer l’engagement citoyen
L’ICAP s’organise autour de trois écoles complémentaires. L’École des Citoyens proposera des conférences, des débats, des visites et des rencontres, ainsi qu’un parcours d’accompagnement pour les porteurs de projets citoyens.
L’École des Métiers de l’Administration sensibilisera aux professions de la fonction publique territoriale, préparera les candidats aux concours, collaborera avec l’Université pour renforcer l’accès à la prépa-talents et pilotera des études prospectives.
L’École des Élus, apolitique et labellisée Qualiopi, offrira un parcours pour les primo-élus et développera des formations adaptées aux besoins des collectivités.
Dans son discours, Cyrille Melchior a salué l’engagement des premiers partenaires, dont le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) et l’Université, et a appelé à élargir ce réseau afin de donner à l’Institut toute l’envergure qu’il mérite. Il a insisté sur la vocation inclusive de l’ICAP, qui se veut un lieu vivant, utile et accessible à tous, ancré dans les réalités du territoire.
“Un commencement, pas un aboutissement”
Pour lui, l’Institut « n’est pas un outil parmi d’autres », mais un investissement majeur pour l’avenir démocratique de La Réunion, pour ses communes, pour ses institutions et pour sa jeunesse. « L’ICAP porte une ambition plus vaste : encourager la participation citoyenne, faire aimer la vie publique, et redonner confiance dans la force de l’action collective », a-t-il insisté.
Le président a conclu en affirmant que cette signature marque le début d’une dynamique nouvelle. « Cette signature n’est pas un aboutissement, mais un commencement. Elle ouvre la voie à un Institut qui, j’en suis convaincu, deviendra un lieu de référence pour celles et ceux qui veulent comprendre et agir pour La Réunion. »


