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Mayotte: "Les gens ont l'impression d'être volés"

Mayotte est entrée dans sa troisième semaine de manifestations contre la vie chère. Sur place, la population mahoraise a le sentiment d'être lésée, entre des enseignes alimentaires qui pratiquent des tarifs élevés, dans une situation estimée quasi-monopolistique, et des négociations qui n'avancent pas.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 11 octobre 2011 à 11H00

Les primaires socialistes sont passées à la trappe dans le 101e département français. A Mayotte, ce sont des préoccupations plus urgentes qui animent la population depuis maintenant près de trois semaines: la cherté de la vie.

Chaque jour, la cause rassemble les foules à Mamoudzou. "Les gens craignent qu'il n'y ait des ententes entre les enseignes. On n'explique pas que certains produits coûtent plus cher à la Réunion qu'à Mayotte, alors qu'ils arrivent en premier dans notre île. Ils ont l'impression d'être volés et en ont marre qu'on les prenne pour des vaches à lait", avance Ali Chamsudine, rédacteur en chef de la radio Mayotte Première.

Dans ce contexte, l'effet "cocotte-minute" évoqué par le professionnel de l'information apparaît inévitable, si l'on ajoute au problème du coût de la vie, celui du "fort taux de chômage" et le "peu de débouchés". Face à cela, les syndicats et associations de consommateurs s'organisent. Les manifestations mènent dans la rue plusieurs centaines de personnes et le préfet de Mayotte, Thomas Degos, a reçu ces derniers jours plusieurs délégations.

Naissance d'une économie parallèle

Certains membres de l'Association des consommateurs Mahorais (Ascoma) ont, quant à eux, débarqué hier à la Réunion pour se prêter à un relevé des prix sur une liste de produits de première nécessité, avec notamment l'objectif de faire un comparatif et de mieux informer la population.

Jusqu'à jeudi, date des prochaines négociations, la situation reste bloquée. D'un "calme précaire", décrit Ali Chamsudine depuis Petite Terre. Selon lui, la situation est d'autant plus difficile qu'avec la fermeture des magasins, une "économie parallèle" apparaît peu à peu. "Des gens vendent en douce des denrées alimentaires, à des prix encore au-delà de ce qu'ils étaient avant", témoigne-t-il.

En fin de semaine dernière, les propositions d'une première baisse des prix ont été rejetées. Alors que l'économie mahoraise est paralysée, jeudi, un compromis pourrait enfin être trouvé et un climat serein restauré. "C'est la grande interrogation", conclut Ali Chamsudine.

 

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