La France, grande absente des festivités du 50è anniversaire de l'Indépendance des Comores

L’ancienne puissance colonisatrice ne figurait pas au rang des invités d’honneur, ce dimanche 6 juillet à Moroni, où la Chine, la Tanzanie, les Émirats arabes unis ou le Maroc ont témoigné de leur soutien à l’archipel des Comores.
Le président Azali Assoumani qui parade à l’arrière d’un Mengshi (« Guerrier féroce » en mandarin), un véhicule militaire chinois de la marque Dongfeng : c’est l’une des images qui restera des festivités pour le 50ᵉ anniversaire de l’Indépendance des Comores, ce dimanche 6 juillet près de Moroni.
Dans un stade Malouzini loin d’être rempli, les défilés militaires se sont succédé pour faire étalage des puissants alliés dont peut aujourd’hui se targuer le régime comorien. Un détachement des forces chinoises basées à Djibouti a ainsi ouvert le bal, un symbole fort en ces temps de fortes convoitises autour des ressources pétro-gazières dans le canal du Mozambique. Tandis que les Forces armées royales du Maroc ont témoigné d’une fidèle amitié entre les deux pays.
Invitée d’honneur de cette cérémonie du 50ᵉ anniversaire, la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a livré un discours insistant sur les liens forts tissés grâce à la culture swahilie commune, en rappelant opportunément que le mouvement pour l’indépendance de l’archipel des Comores était né dans la capitale de son pays, Dar es Salaam.
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Parmi les autres invités de marque figure la délégation des Émirats arabes unis (EAU) menée par un ministre d’État, ou encore le président de la République d’Éthiopie, Taye Atseke Selassie. Le Ghana, le Sénégal, la Somalie, le Koweït et Oman clôturaient la liste des pays invités, avec les voisins de la zone : Maurice et Madagascar.
Silence radio de la France
L’absence de la France, ancien pays colonisateur, aux festivités de l’Indépendance peut s’expliquer par des raisons historiques. Mais le silence officiel du gouvernement français témoigne aussi de la froideur des relations entre les deux pays, comme en atteste la réponse cinglante d’Azali Assoumani à son homologue Emmanuel Macron lors d’un échange sur l’entrée de Mayotte au sein de la Commission de l’océan Indien (COI).
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La COI était du reste représentée par son secrétaire général malgache Edgard Razafindravahy au stade Malouzini, un équipement construit par la Chine et récemment mis aux normes par une entreprise française. Mais en dehors d’un post sur le réseau social X de l’ambassadeur de France Sylvain Riquier, ni le président Emmanuel Macron, ni son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot n’ont publiquement félicité les autorités du pays.
Contrairement au Département d’État américain, par exemple, et à de nombreuses chancelleries du monde entier, la France n'aura donc pas eu de geste diplomatique envers le régime des Comores. Et n'aura pas non plus témoigné de son amitié au peuple comorien, dont une importante diaspora vit en France.



