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Saint-André : face à une situation financière "alarmante", l’opposition claque la porte du conseil municipal

Ecrit par N.P – le vendredi 21 février 2025 à 06H57

Saint-André au bord de la faillite ? C’est ce qu’affirme l’opposition municipale, qui accuse le maire Joé Bédier de maquiller les chiffres et d’aggraver la dette de la commune. Lors du conseil municipal du 20 février, Jean-Marie Virapoullé et son groupe ont quitté la séance, dénonçant un "coma financier"  et un rapport budgétaire "hors la loi".

Le conseil municipal de Saint-André, qui s'est tenu ce jeudi 20 février, a été marqué par un vif échange entre la majorité et l'opposition. Jean-Marie Virapoullé, chef de file de l'opposition municipale, a dénoncé "la dégradation accélérée des finances de la ville", pointant du doigt la gestion du maire Joé Bédier. Face à ce qu’elle qualifie de "coma financier", l’opposition a quitté la séance en signe de protestation.

Depuis août 2024, la commune de Saint-André est placée en alerte potentielle par la préfecture en raison de sa situation budgétaire jugée préoccupante. "Plusieurs indicateurs financiers se détériorent, notamment ceux relatifs à l’endettement et à la trésorerie", affirme Jean-Marie Virapoullé. Selon lui, la ville ne parvient plus à honorer ses dettes et reporte ses factures d’une année sur l’autre. En 2024, plus de 3 millions d’euros de factures seraient restées impayées assure Jean-Marie Virapoullé, entraînant des répercussions directes sur la gestion municipale.

Cette situation budgétaire aurait un impact concret sur la qualité de vie des Saint-Andréens. "Les prestataires refusent de travailler avec la commune", déplore l’opposant. Il cite en exemple "la dégradation de la qualité des repas dans les cantines scolaires, l’absence d’entretien des espaces verts ou encore l’arrêt de plusieurs chantiers faute de paiement des entreprises". Par ailleurs, les commerçants touchés par les travaux du centre-ville n’auraient toujours pas reçu leurs indemnisations, poursuit-il. 

Les associations locales subiraient elles aussi les conséquences de cette crise financière. "Les retards de paiement des subventions mettent en péril de nombreuses structures sportives et sociales, au point que certains employés n’ont pas été rémunérés en janvier", alerte Jean-Marie Virapoullé. Les employés municipaux ne seraient pas épargnés : "le prestataire habituel de la mairie en matière de carburant n’a toujours pas été payé, conduisant à une rupture momentanée de l’approvisionnement des véhicules de la ville."

Un rapport budgétaire contesté

Malgré ces difficultés, le maire Joé Bédier a présenté son rapport sur les orientations budgétaires de la ville. Un document vivement critiqué par l’opposition, qui l’accuse de "manipuler les chiffres" et de "masquer la réalité". Jean-Marie Virapoullé va plus loin : "Ce maire ne présente pas, conformément à la loi, un programme pluriannuel d’investissement en bonne et due forme, comportant les dépenses et les recettes. Il tente de dissimuler la dette de la commune en faussant le calcul de l’épargne nette."

Estimant la situation critique, l’opposition municipale a décidé de quitter la séance en signe de protestation et prévoit d’alerter la sous-préfecture. "Face à cette situation financière catastrophique, la mise sous tutelle de la commune se rapproche dangereusement", conclut Jean-Marie Virapoullé.

Le maire, Joé Bédier, s'était déjà exprimé sur ces alertes de la préfecture en octobre dernier, indiquant "qu'elles peuvent être liées à des délais dans la trésorerie, les subventions n'arrivant parfois qu’après le lancement des travaux."

Lire aussi : Joé Bédier défend la gestion financière de Saint-André : "Il n'y a pas le feu"

Des propos réitérés ce jeudi lors de son point presse sur les orientations budgétaires, où Joé Bédier avait assumé ses choix budgétaires tout en réfutant toute mise en danger des finances communales. Selon lui, les grands projets municipaux nécessitent des ajustements financiers temporaires : "Il y a des projets qui sont subventionnés à 90 %. En attendant que ces subventions soient versées, nous avons dû contracter des prêts-relais pour assurer le financement. Une fois les subventions perçues, ces prêts sont automatiquement remboursés", explique-t-il.

Pour l’édile, l'opposition cherche à brouiller les cartes en pointant du doigt la gestion budgétaire actuelle sans proposer d’alternative viable. "Quand on engage de grands projets, il y a ces contraintes. Sinon, on ne fait rien, comme certains, qui se contentent d’afficher une épargne sans investir. Moi, je n’ai pas besoin de 10 millions d’euros d’épargne. Mon objectif, c’est d’avoir les fonds nécessaires pour être crédible auprès des banques et, surtout, d’investir pour développer la commune", rétorque-t-il.

Ce nouvel épisode illustre un affrontement politique qui pourrait peser lourd à l’approche des prochaines élections municipales. Entre accusations de faillite et défense d’un bilan, la bataille pour Saint-André est d’ores et déjà lancée.

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