[20 Désanm] Après l’abolition, la précarité frappe les affranchis

Le 20 décembre 1848, l’abolition de l’esclavage est proclamée à la Réunion. Parmi ces nouveaux affranchis, un homme dont l’Histoire va retenir le nom : Edmond Albius. Cet ancien esclave découvre à 12 ans un procédé pour féconder manuellement la vanille. Une découverte qui bouleverse la Réunion. Cependant, pour le « père de la vanille » et ses nouveaux frères, désormais libres, la misère les attend. Nouvel épisode de notre dossier sur le 20 décembre, à suivre toute cette semaine sur Zinfos974.
On raconte que Sarda Garriga, peu avant de poser le pied sur l’Île Bourbon, entend des chants émanant des rues de Saint-Denis. La Parisienne [hymne de la France pendant la monarchie de Juillet] est fredonnée par les esclaves, frémissant d’impatience de voir l’abolition proclamée sur ce bout de terre au milieu de l’océan Indien.
Mais la joie va vite se transformer en désillusion ; en effet, l’État Français refuse fermement de dédommager les anciens esclaves. Et ça malgré un plaidoyer de Victor Schoelcher, l’homme derrière l’abolition de cette pratique.
Edmond Albius, figure de la Réunion
Désormais libres, beaucoup d’anciens esclaves vont retourner à l’exploitation de la canne à sucre. Beaucoup tentent leur chance à Saint-Denis, pour trouver du travail. C’est le cas d’un jeune affranchi, Edmond. Dès son plus jeune âge, il découvre une méthode de fécondation de la vanille. Cette découverte va propulser la Réunion sur le marché économique et en un berceau de ce savoir-faire.
Pourtant, du fait de ses origines (ses parents étaient esclaves), cette paternité lui sera vivement contestée. Ainsi, dépossédé de sa découverte, il part en ville pour tenter de trouver du travail. C’est ainsi que, comme beaucoup d’esclaves, Edmond Albius va mourir dans la misère. Encore aujourd’hui, si son travail sur la vanille est reconnu et qu’il reste une figure de la Réunion, on ne sait pas où le « père de la vanille » est enterré.


