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Guet-apens, trafic de drogues et Big Mac : La "Saint-Joseph connexion" à la barre

Sept personnes, six hommes et une femme, sont jugés au tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour avoir organisé un guet-apens dans un McDonald's afin d'enlever et frapper leur victime. Ils reprochaient à celle-ci de leur avoir volé une voiture et de l'argent quelques jours plus tôt, quand la victime affirme que tout est lié à un trafic de drogue.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le lundi 26 août 2024 à 22H10

Jeudi dernier, les employés et les clients du McDonald's 400 à Saint-Pierre ont assisté à une scène digne des séries sur les cartels de drogues. Plusieurs hommes entrent dans le restaurant afin d'attraper un client qui attend pour commander. Ce dernier tente de s'enfuir par la cuisine, mais glisse. Il va être saisi en étranglement par le plus grand de tous et sorti Manu militari. Certains clients et employés tentent de s'interposer, en vain.

Sur le parking, la victime va être traînée par les pieds avant d'être jetée derrière un muret et d'encaisser quelques coups. Les ravisseurs le font ensuite monter dans la voiture avant de le ramener à Saint-Joseph. Là, ils le frappent encore un peu avant de réaliser que la scène a probablement été filmée et que la victime peut porter plainte. Ils le menacent s'il voulait les dénoncer... Avant d'appeler les gendarmes eux-mêmes.

Lorsqu'il est en ligne avec le gendarme, l'un des auteurs va expliquer que ce sont eux qui ont enlevé une personne au McDonald's, car celle-ci lui avait volé sa voiture et 2000 euros, avant de détruire le véhicule. Lorsque les gendarmes arrivent, la plupart des protagonistes sont partis sauf deux frères et la victime. Une fois sécurisée dans le véhicule des gendarmes, celle-ci affirme que tout cela est lié à un trafic de drogues.

Quinze jours plus tôt, l'un des membres de la bande est blessé suite à un accident de moto et aurait demandé à la victime d'aller chercher une livraison de drogue à Saint-Paul avec sa propre voiture. La victime va avoir un accident sur la route et disparaître avec l'argent et la marchandise, composée d'ecstasy et de cannabis.

Depuis, le groupe composé de trois frères, d'un cousin et de deux amis sont à sa recherche. C'est finalement une amie de la victime qui va leur donner sa localisation au McDonald's où ils seront le soir. Celle-ci affirme avoir agi sous la pression, mais montre très peu d'empathie. "Quand il l'a vu (son agresseur, ndlr) entrer dans le restaurant, il s'est mis à courir directement. Il a aggravé son cas", lâche-t-elle aux magistrats médusés par cette réponse.

 

Les suspects nient le trafic de drogue

 

Tour à tour, les prévenus passent à la barre en essayant l'exercice difficile de minimiser ses fautes sans accabler l'autre. Ils jurent que les violences n'étaient pas au programme, seulement de l'intimidation.

Le propriétaire de la voiture volée jure qu'il n'y avait pas de drogues à l'intérieur. Il assure que la victime lui aurait volé 2.000 euros et la voiture après avoir dormi chez lui. Les frères expliquent qu'ils connaissent la victime depuis des années et se sont sentis trahis, surtout qu'ils l'ont hébergé depuis sa sortie de prison.

Ils nient tous qu'il y ait un quelconque trafic de drogue dans cette affaire où aucun élément matériel le confirme. Mais pour la procureure, le trafic est bel et bien le motif de cette affaire. La Parquetière estime juste que les prévenus se sont entendus pour le cacher, ce qu'ils ne peuvent pas faire pour les violences filmées par plusieurs caméras.

"Cette scène est choquante, personne ne veut la vivre ou juste la voir. C'était bien une expédition punitive. Ils ont voulu imposer leur loi à celui qui les a trahis", rappelle-t-elle. La représentante du ministère public requiert une peine de trois ans de prison, dont un avec sursis, pour les trois frères et une peine de deux ans, dont un an sursis, pour les autres. Elle demande le maintien en détention pour tous, à l'exception d'une peine aménageable pour la mère de famille.

 

De 12 à 18 mois de prison

 

Après délibération, la jeune femme et l'un des complices sont condamnés à 12 mois de prison avec sursis. Les deux autres complices écopent de peine de 12 et 18 mois de prison, dont six avec sursis chacun.

Enfin, concernant les trois frères. Le plus âgé est condamné à 3 ans de prison, dont deux avec sursis. Le cadet se voit condamné à 18 mois de prison, dont 12 avec sursis. Enfin, le plus jeune est puni de 2 ans de prison, dont 18 mois avec sursis

Etiquettes : Justice | Saint-Joseph

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